Coronavirus : à l'hôpital de Mulhouse, « les collègues passent à leur tour en réanimation »

Propos recueillis par François Malye
Évacuation d'un malade de l'hôpital Emile-Muller à Mulhouse.  

INTERVIEW. Entre fatigue, abattement et colère, le docteur Jean Sengler témoigne de la vague à laquelle le personnel soignant est confronté dans le Haut-Rhin.


Le Haut-Rhin est l'un des principaux foyers de l'épidémie de coronavirus en France et les structures hospitalières saturent face à la déferlante de malades, notamment en réanimation. L'armée a évacué une douzaine de patients vers d'autres régions et installe à Mulhouse un hôpital de campagne, qui devrait être opérationnel en début de semaine. Quelques patients ont aussi été évacués vers l'Allemagne et la Suisse frontalières.

« La vague est là », a déclaré Emmanuel Macron dans Le Journal du dimanche. Entre vendredi et samedi, le nombre de morts a bondi de près de 20 %, pour atteindre 562. Et encore, ce bilan ne prend en compte que les patients décédés à l'hôpital, pas ceux morts en Ehpad ou chez eux. Le nombre de patients hospitalisés a atteint 6 172, en hausse de 18 %, dont 1 525 cas graves en réanimation.

Sur le terrain, le personnel soignant est aux abois et doit composer avec une pénurie de masques et de respirateurs. Entretien avec le Dr Jean Sengler, président de la Communauté médicale d'établissement, le parlement des médecins du Groupe hospitalier Mulhouse Sud Alsace.


Le Point : Quelle est la situation de l'hôpital de Mulhouse après ces jours très tendus ?

Jean Sengler : Nous sommes saturés et les personnels sont très fatigués et très affectés. Il est surtout incompréhensible et révoltant qu'on n'arrive pas à nous fournir les armes pour partir au combat. La France n'est quand même pas un pays en voie de développement ! On n'arrive pas, en période de crise, à avoir les éléments de base pour se battre. Nous avons demandé à cor et à cri vingt respirateurs de plus. C'était il y a dix jours et on ne les a toujours pas. Pareil pour les masques et les tenues de protection, c'est au jour le jour.

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