Cornut-Gentille : « Il faut repenser l’État de fond en comble »

Par François-Guillaume Lorrain
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Réunion à la Bourse du travail de Saint-Denis sur le référendum contre la privatisation d'ADP qui s'est tenue en présence des députés Stéphane Peu (Seine-Saint-Denis), Gilles Carrez (Val-de-Marne) et François Cornut-Gentille (Haute-Marne) en juin 2019.
Réunion à la Bourse du travail de Saint-Denis sur le référendum contre la privatisation d'ADP qui s'est tenue en présence des députés Stéphane Peu (Seine-Saint-Denis), Gilles Carrez (Val-de-Marne) et François Cornut-Gentille (Haute-Marne) en juin 2019.

D'emblée, malgré l'énergie qui l'habite, il avoue qu'écrire ce livre lui a pesé. Ce n'est pourtant pas l'ouvrage d'un repenti de la vie politique, aux premières loges depuis vingt-cinq ans, qui balancerait par ressentiment sur son milieu. Ce n'est pas non plus une énième réflexion sur une refonte des institutions, un réglage des pouvoirs. Il s'agit d'une analyse longuement décantée de l'intérieur sur le gâchis d'un État inadéquat. Il faut « changer la règle du jeu », insiste François Cornut-Gentille. « Et quand on change cette règle, on n'est plus ni de droite ni de gauche », précise ce député LR de la Haute-Marne, gaulliste dans la circonscription duquel se trouve Colombey-les-Deux-Églises. Voilà pourquoi il faut lire avec attention ses pages, sur lesquelles plane l'ombre de Philippe Séguin qu'il a jadis côtoyé. Du prophète prêchant dans le désert que fut ce dernier il analyse, du reste, le brillant échec, qui résonne encore, « car il indique la possibilité, et même la nécessité, d'une vie politique qui retrouve un contenu ». D'emblée, le ton frappe par sa singularité, sa hauteur de vue et ce recul qu'il a sur une machine démocratique qui « tourne à vide ». Son diagnostic, mot-clé de son ouvrage, est sans appel : « Le pouvoir a perdu la force de gouverner. » Certes, il n'est pas le premier à dresser ce constat. Mais son « diagnostic », dans lequel il conclut à l'impuissance de l'État, et ses conclusions méritent qu'on s'y arrête.

Un autre mot revient : « d [...] Lire la suite