Les coraux "chimères" vont-ils sauver les récifs coralliens ?

Dor Shefy

Une étude réalisée par des chercheurs de l’Ifremer montre que certains coraux ayant fusionné en chimères vont mieux résister aux changements de leur environnement que les autres coraux. Cela pourrait être un instrument de sauvetage évolutif alors que l’océan connaît cet été des vagues de chaleur inquiétantes.

Les températures records enregistrées en Europe ces dernières semaines ont entraîné une vague de chaleur marine en Méditerranée. Les eaux qui séparent les îles Baléares de la côte italienne sont jusqu'à 5°C plus chaudes que l'année dernière à la même époque ! Un épisode qui risque d’affecter de nombreux écosystèmes, notamment les coraux. C’est dans ce contexte inquiétant qu’est parue dans une étude qui offre un peu d’espoir.

Une activation quotidienne des gènes de réponse au stress

Des chercheurs de l’Ifremer et de l’institut national d’océanographie d’Israël ont en effet montré que certains types de coraux ayant fusionné en chimère sont plus résistants que leurs congénères. Les chimères résultent de la fusion de deux ou plusieurs jeunes coraux (à l’état de larve ou de jeune naissain) de la même espèce qui s’installent et grandissent au même endroit.

Si on connaît le phénomène depuis plus d’un siècle, il était jusque-là peu étudié. Pourtant, il a été déjà rapporté que l’état chimérique apporte des avantages écologiques et évolutifs : les contraintes dues à la fusion des individus entraînent en effet une activation quotidienne des gènes de réponse au stress, ce qui devrait les préparer à mieux faire face aux agressions.

Une résistance bien plus élevée des colonies chimériques

Pour en avoir le cœur net, les chercheurs ont cultivé en Méditerranée des colonies chimériques et non-chimériques de coraux Stylophora pistillata pendant un an à 10 mètres de profondeur. Dans ces conditions favorables, seuls 43% des coraux "normaux" ont survécu contre près de 70% des coraux chimères !

Les chercheurs ont ensuite créé un stress environnemental en déplaçant pendant 48 heures neuf chimères et cinq non-chimères à 2 mètres de profondeur, où elles ont subi des fluctuations soudaines et plus importantes de la température et de la lumière, le rayonnement solaire moyen y étant quatre à sept fois plus élevé qu’à 10 mètres de profondeur. Une nouvelle fois, les chimères ont mieux résist[...]

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