Corée du Sud: l'interdiction des envois de tracts et d'objets contre le Nord passe mal

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C’est une décision qui a du mal à passer. En début de semaine, le Parlement sud-coréen a voté une loi pénalisant de trois ans de prison l’envoi de tracts et d’autres objets anti-régime en Corée du Nord. Des parlementaires américains, ainsi que de nombreuses associations de transfuges nord-coréens rejettent la mesure qu’ils décrivent une restriction à la liberté d’expression.

De notre correspondant à Séoul, Nicolas Rocca

Séoul affirme que ces envois sont des provocations inutiles qui nuisent à l’équilibre de la péninsule. De son côté, Jeong Gwang Il est passé au Sud en 2003. Cette loi est une attaque indirecte à toutes ses activités depuis qu’il est arrivé. Il dirige l’association No Chain For North Korea. Et il rejette l’argument des autorités qui affirment que ce texte a pour seul objectif de garantir la sécurité de la péninsule.

« Le gouvernement se concentre uniquement sur l’amélioration des relations intercoréennes. Mais dans notre Constitution, il est inscrit que les Nord-coréens font partie de notre peuple et nous avons le droit de continuer à les informer », estime-t-il.

« J’irai en prison s’il le faut »

L’inquiétude principale de Jeong Gwang Il, c’est l’impact que pourrait avoir cette loi sur la population nord-coréenne. Comme 33 000 autres transfuges, il a laissé des proches au nord de la zone démilitarisée.

« Parfois l’argent envoyée par la famille au Sud-Est le seul moyen de survie. Les médias ne parlent que de la famille Kim là-bas, les informations qui viennent de Corée du Sud sont porteuses d’espoir. Je ferai tout pour que cette loi ne rentre pas en vigueur, j’irai en prison s’il le faut », poursuit-il.

Jeong Gwang Il a assuré qu’il irait défendre son opposition à la loi aux Nations unies. D’autres activistes ont évoqué la possibilité de porter le texte devant la Cour constitutionnelle Coréenne.