Corée du Sud: l’avortement n’est plus criminel

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En Corée du Sud, même si l’avortement était toléré et pratiqué de fait dans le pays, seules les femmes victimes de viols, ou dont la grossesse qui mettaient en danger leur santé, pouvaient bénéficier d’une interruption de grossesse légale. Depuis quelques heures, la loi qui la criminalisait a été supprimé, ce qui laisse le pays dans une situation particulière.

De notre correspondant à Séoul, Nicolas Rocca

C’est incontestablement une victoire, que savoure Na Young, dirigeante de l’association Share, organisation de défense de droit des femmes. Après 67 ans d’interdiction, l’interruption volontaire de grossesse n’est plus illégale en Corée du Sud.

« Les membres de l’assemblée nationale n’ont pas réussi à se mettre d’accord pour amender la loi existante. Elle devait expirer un après la décision de la Cour constitutionnelle d’avril 2019, qui affirmait qu’elle était illégale. Les dispositions pénales sur l’avortement dans la loi qui le criminalisait ne sont plus effectives depuis ce 1er janvier 2021. Je suis très heureuse de partager cette bonne nouvelle de Corée du Sud », dit-elle.

Pas de limite officielle à l’avortement

Il n’existe donc pas de limite officielle à l’avortement dans un pays aux mœurs conservateurs. Le mouvement pro-vie réagit et s’organise pour que plusieurs amendements soient votés. Tout d’abord pour interdire l’avortement après six ou dix semaines de grossesse, et puis afin que les médecins aient la possibilité de refuser de pratiquer une IVG.

Certaines associations de défenses de droit des femmes souhaitent aussi un cadre juridique, mais pour garantir l’accès à l’avortement pour toutes et une couverture par la sécurité sociale.

En tout, huit amendements ont été déposés à l’Assemblée nationale, ce qui devrait entraîner de vifs débats dans les mois à venir.