Corée du Nord : "Trump est le dindon d'une terrible farce"

Pour les photographes, la rencontre entre Donald Trump et Kim Jong-un était sans nul doute historique.

Historique ? Pour les photographes et probablement les éditorialistes de Fox News aux Etats-Unis, l'accord signé ce mardi 12 juin entre Donald Trump, « président des Etats-Unis », et Kim Jong-un, « président de la Commission des affaires d'Etat de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) », le restera un certain temps. Dans la forme au moins, il aura fait mentir tous ceux qui, du New-York Times à nombre de commentateurs européens, jugeaient impossible la rencontre entre deux dirigeants aussi atypiques l'un que l'autre et se menaçant des pires calamités il y a encore quelques mois.

Sur le fond, c'est une toute autre... histoire. Au-delà des formules vagues évoquant la « confiance mutuelle » que se portent les deux parties, le seul engagement du régime de Pyongyang - « la dénucléarisation de la péninsule coréenne » - ne constitue pas vraiment une nouveauté au regard de précédents accords - celui de 1994 du temps de Bill Clinton, par exemple -, aujourd'hui caducs. Aucune mesure contraignante ni calendrier précis ne figurent à ce jour dans le document - deux feuillets à peine - signé devant les caméras du monde entier. « Il y aura des vérifications », a assuré plus tard Donald Trump au cours d'une conférence de presse inhabituellement longue (1h30) quand on sait le peu de goût du milliardaire pour ce genre d'exercice. En attendant, peut-être, le déplacement de Kim à la Maison-Blanche, dès la semaine prochaine, des négociations doivent s'ouvrir entre des délégations des deux pays pour entrer dans le dur du sujet et éviter que le sommet de Singapour ne soit au bout du compte qu'une simple « déclaration d'intentions », vite oubliée de part et d'autre. Directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), Bruno Tertrais* ne nourrit guère d'illusion sur leur issue et explique pourquoi à Marianne.

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Etes-vous d'accord avec ceux qui ne voient dans le sommet de Singapour que de la diplomatie-spectacle sans fond, ni résultat concret ?




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