Corée du Nord : un projectile tiré, Pyongyang affirme son droit "légitime" à tester des armes

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La Corée du Nord a tiré mardi ce qui semble être un missile de courte portée en mer, a déclaré l'armée sud-coréenne. Au même moment, son ambassadeur à l'ONU revendiquait le "droit légitime" de son pays à tester des armes face à la "politique hostile" de Washington et de Séoul.

Nouveau tir de la Corée du Nord. Pyongyang a tiré, mardi 28 septembre, ce qui semble être un missile de courte portée en mer, a déclaré l'armée sud-coréenne.

L'engin a été tiré depuis la province septentrionale de Jagang vers les eaux au large de la côte est, selon l'état-major des armées du Sud. Un porte-parole du ministère japonais de la Défense a, pour sa part, déclaré à l'AFP sous le couvert de l'anonymat que ce projectile "semble être un missile balistique".

Il s'agit du troisième tir effectué par Pyongyang en septembre. Le premier avait impliqué un missile de croisière à longue portée, et le deuxième des missiles balistiques à courte portée.

Moins d'une heure après ce lancement, l'ambassadeur nord-coréen auprès de l'ONU, Kim Song, a déclaré à l'Assemblée générale des Nations unies que son pays a le "droit légitime" de tester des armes et de "renforcer (ses) capacités de défense".

Washington "condamne" le tir et appelle à "engager le dialogue"

Les États-Unis "devraient prouver dans les faits qu'ils n'ont aucune volonté hostile à notre égard", a poursuivi l'ambassadeur. "Si c'est le cas, nous sommes prêts à répondre" de la même manière, "mais il ne semble pas que les États-Unis soient prêts" à prendre cette direction, a-t-il déclaré.

Le département d'État américain a condamné, mardi, le nouveau tir de missile par la Corée du Nord, tout en appelant Pyongyang au dialogue.

"Les États-Unis condamnent le lancement d'un missile", a indiqué le département d'État dans un communiqué. "Ce lancement constitue une violation des multiples résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU et représente une menace pour les voisins (de la Corée du Nord) et la communauté internationale", a-t-il ajouté en appelant Pyongyang "à engager le dialogue".

"Bien que nous ayons évalué que cet événement ne constitue pas une menace immédiate pour le personnel ou le territoire des États-Unis, ou pour nos alliés, le lancement de missiles met en évidence l'impact déstabilisant du programme d'armement illicite" de Pyongyang, a déclaré pour sa part le commandement militaire américain indo-pacifique (Indopacom) dans un communiqué.

L'armée américaine a ajouté "consulter étroitement (ses) alliés et partenaires" à ce sujet, assurant que "l'engagement des États-Unis à défendre la République de Corée et le Japon reste inébranlable".

La Corée du Nord a multiplié ces derniers jours les messages ambigus à l'égard de Washington et de Séoul.

Le tir de mardi intervient quelques jours après que Kim Yo-jong, l'influente sœur du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, eut laissé entrevoir la possibilité d'un sommet entre les deux Corées, tout en exigeant au préalable que Séoul abandonne sa "politique hostile".

"Tester la sincérité de Séoul"

Ces remarques répondaient à de récents appels du président sud-coréen Moon Jae-in à déclarer une fin officielle au conflit inter-coréen de 1950-53 qui s'est terminé par une trêve, et non par un traité de paix, laissant les deux parties techniquement en guerre depuis plus d'un demi-siècle.

Le Conseil de sécurité nationale de Corée du Sud s'est réuni en urgence après le tir de mardi. Dans un communiqué, il a "déploré ce lancement à un moment où la stabilité politique dans la péninsule coréenne traverse un moment extrêmement critique".

"On dirait que la Corée du Nord veut tester la sincérité de Séoul pour ce qui est de sa volonté d'améliorer les liens inter-coréens" a expliqué à l'AFP Yang Moo-jin, professeur à l'Université des études nord-coréennes. "Pyongyang va surveiller et étudier la réaction de Moon après le lancement d'aujourd'hui et prendre des décisions" sur d'éventuelles mesures de détente, a-t-il ajouté.

Pyongyang est actuellement plus que jamais isolé depuis la fermeture de ses frontières en début d'année dernière pour empêcher la propagation du Covid-19.

Ses pourparlers avec les États-Unis sont dans l'impasse depuis l'échec du sommet de 2019 à Hanoï entre Kim Jong-un et le président américain de l'époque, Donald Trump. Le gouvernement du président Joe Biden a fait savoir qu'il était prêt à discuter avec Pyongyang à tout moment et sans conditions préalables, mais le dialogue reste au point mort pour le moment.

Depuis l'arrivée de Kim Jong-un à la tête du pays, les programmes en matière d'armement ont progressé, mais Pyongyang n'a procédé à aucun essai nucléaire ou tir de missile balistique intercontinental depuis 2017.

Avec AFP

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