COP28 : les contributions insuffisantes des États pour inverser le changement climatique

Les contributions déterminées au niveau national des 195 États qui ont adopté l’accord de Paris ne permettent pas de limiter la hausse mondiale des températures à moins de 2°C. Début décembre 2023, la COP28 aura pour mission d’améliorer une copie insuffisante.

Prévu dans l’accord de Paris, le "bilan global" est un passage obligé de la lutte contre le changement climatique. Les États signataires de l’accord de Paris ont pour obligation de remettre un état des lieux de leurs politiques nationales en matière de lutte climatique : objectifs de réduction des gaz à effet de serre, adaptation des secteurs économiques au changement climatique, financements. La convention onusienne sur le climat remplit un rôle de secrétariat où les contributions sont remises pour examiner si le document répond bien aux exigences techniques négociées lors de toutes les réunions annuelles de négociations (les COP) depuis 2015 et la COP21. La date limite des dépôts pour ce bilan global était fixée au 25 septembre dernier. C’est donc la version la plus à jour des promesses effectuées par les gouvernements.

Sans surprise, les objectifs annoncés ne sont pas suffisants pour résoudre la question climatique. Les bilans carbone des États font état d’un total global d’émissions de gaz à effet de serre de 53,2 milliards de tonnes (hors émissions dues à la conversion des terres et à la déforestation) en 2025, année de départ des comptes climatiques des États et de leurs progrès ou reculs, soit 1% de plus qu’en 2019. L’humanité ne sera donc toujours pas dans la pente descendante des émissions. Plus inquiétant, si les objectifs sont bien remplis, les émissions ne seront en baisse en 2030 que de 5,3% par rapport à 2019. Si cela signifie que le pic de consommation des énergies fossiles sera bien atteint entre 2025 et 2030, les efforts ne sont vraiment pas à la hauteur de ce qu’en attendent les scientifiques du groupe d’experts intergouvernemental d’étude du climat (Giec). Dans leur sixième rapport d’évaluation remis en 2022, les climatologues estiment que la baisse des émissions doit être d’au moins 43% en 2030 par rapport à 2019 pour espérer maintenir la hausse des températures autour de 1,5°C comme l’espère l’accord de Paris.

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