COP27 : l’Afrique attendait un miracle, elle n’aura peut-être qu’un mirage

Photo Mohamed Abd El-Ghany/Reuters

Les lampions se sont éteints très tôt, le 20 novembre 2022, sur la Conférence mondiale des Nations unies sur les changements climatiques, la COP 27, qui se tenait à Charm El-Cheikh, en Égypte.

Après d’intenses négociations, les différentes délégations accourues de toutes les parties du monde au chevet de la planète sont parvenues à un accord final appelant à une réduction “rapide” des émissions de gaz à effet de serre et à une résolution concernant les “pertes et dommages”.

Mais ces conclusions a minima laissent de nombreux participants sur leur soif. En premier, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, regrette le manque d’ambition de la COP 27, notamment sur la réduction des gaz à effet de serre. “Nous devons drastiquement réduire les émissions maintenant, et c’est une question à laquelle cette COP27 n’a pas répondu”, a-t-il regretté.

L’Union européenne a embouché la même trompette en exprimant sa déception quant à cet accord dit “de Charm El-Cheikh”. “Ce que nous avons là, c’est un pas en avant trop court pour les habitants de la planète. Il ne fournit pas assez d’efforts supplémentaires de la part des principaux émetteurs pour augmenter et accélérer leurs réductions d’émissions”, s’est désolé [Frans Timmermans], le vice-président de la Commission européenne.

“Chat échaudé craint l’eau froide”

Mais les plus amers sont les représentants des pays du Sud, qui, en plus de souffrir déjà énormément des effets du changement climatique, dont ils sont très peu responsables, se heurtent à la réticence des pays pollueurs, qui rechignent à délier les cordons de la bourse pour aider à prendre en charge les dégâts de leurs méfaits.

Même si la COP27 a abouti à la création de nouveaux outils de financement pour les pertes et dommages liés aux catastrophes naturelles, les pays en voie de développement ne se font pas trop d’illusions quant aux possibilités réelles que ces outils offrent. “Chat échaudé craint l’eau froide”, dit le dicton.

En effet, le Fonds vert pour le climat destiné à aider les pays pauvres à lutter efficacement contre les effets du changement climatique, d’un montant prévu de 100 milliards de dollars par an [à partir de 2020], n’a jamais atteint son objectif depuis son annonce [dès la COP15, en 2009]. Et quand bien même les financements seraient disponibles, de nombreux Africains redoutent leur inaccessibilité du fait de la complexité des procédures.

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