COP27 sur le climat : Macron veut "des compensations financières" pour les pays les plus pauvres

Le président s'envole pour l'Égypte plus tôt que prévu et souhaite convaincre les pays développés de mettre la main à la poche pour les territoires les plus touchés par le réchauffement climatiques, souvent pauvres. Les militants écologistes sont, eux, sceptiques.

Une arrivée plus tôt que prévue. Emmanuel Macron sera dès dimanche à la COP27 à Charm el-Cheikh en Égypte, après l'annulation du départ de la course transatlantique de La Route du Rhum, reportée en raison de vents trop forts.

Pour tenter de mettre en scène son engagement sur les questions énergétiques la veille de ce grand raout qui réunit 120 dirigeants du monde entier dans un contexte d'accélération du réchauffement climatique, le chef de l'État a fait passer un message sur son compte Twitter.

Des pays développés très hésitants

Au sommet dimanche et lundi, le locataire de l'Élysée devrait notamment mettre sur la table la question de la compensation financière pour les "pertes et dommages", déjà subis par les pays les plus pauvres en raison du changement climatique.

Mais les pays développés sont très réticents, et n'ont accepté l'an dernier que la création d'un "dialogue" sur la question, prévu jusqu'en 2024. Les pays riches s'étaient pourtant engagés en 2009 lors de la COP 15 à porter à 100 milliards de dollars par an en 2020 leur aide financière pour aider les plus pauvres à baisser les émissions et s'adapter aux effets du réchauffement.

La crise climatique, grande oubliée

Le contexte de crises mondiales ne devrait pas aider, entre guerre en Ukraine, tensions inflationnistes, spectre de récession mondiale et vives tensions énergétiques.

De quoi reléguer au second plan une crise climatique pourtant "existentielle, primordiale et omniprésente", selon les mots du ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Choukri, qui présidera les discussions.

Les rapports alarmants se sont multipliés depuis la COP26 à Glasgow en 2021, quand près de 200 pays s'étaient solennellement engagés à "maintenir en vie" l'objectif le plus ambitieux de l'accord de Paris, traité fondamental conclu en 2015.

Une hausse probable de 2,8 degrés

À l'époque, les dirigeants du monde entier s'étaient engagés à limiter le réchauffement à 1,5 degré par rapport à l'ère pré-industrielle, période où les humains ont commencé à brûler à grande échelle les énergies fossiles (charbon, pétrole ou gaz) qui émettent les gaz à effet de serre responsables du réchauffement.

Même si tous les pays tenaient leurs promesses, ce qui n'est encore jamais arrivé, le monde serait sur une trajectoire de hausse de 2,4 degrés d'ici la fin du siècle. Le dernier rapport du GIEC table désormais plutôt sur une hausse des températures de 2,8 degrés, un chiffre jugé "catastrophique" par de nombreux scientifiques.

Des relations entre la Chine et les États-Unis capitales

Il n'est pourtant pas certain que la COP27 débouche sur de vraies avancées en la matière, même si la présidence égyptienne vante une "conférence de la mise en œuvre".

Le regain de tensions entre les deux principaux pollueurs mondiaux, États-Unis et Chine, pèse cependant sur la conférence. Le président chinois Xi Jinping ne viendra pas et l'Américain Joe Biden devrait passer rapidement après les élections de mi-mandat du 8 novembre.

Les deux pourraient toutefois se voir en marge du G20 à Bali, pendant la deuxième semaine de la COP. "Si les deux plus gros émetteurs ne se parlent pas, nous n'arriverons pas à tenir 1,5 degré", a déjà prévenu Greenpeace Chine.

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - Sécheresse et inondations : les effets du changement climatique sur le monde d’ici 2050