Cop 27 en Égypte : L’opposant Alaa Abdel Fattah a cessé sa grève de la faim

(FILES) In this file photo taken on May 23, 2015, Egyptian activist and blogger Alaa Abdel Fattah looks on from behind the defendant's cage during his trial for insulting the judiciary , in the capital Cairo. - Abdel Fattah -- a major figure in the 2011 revolt that toppled longtime president Hosni Mubarak who is currently serving a five-year sentence for
KHALED DESOUKI / AFP (FILES) In this file photo taken on May 23, 2015, Egyptian activist and blogger Alaa Abdel Fattah looks on from behind the defendant's cage during his trial for insulting the judiciary , in the capital Cairo. - Abdel Fattah -- a major figure in the 2011 revolt that toppled longtime president Hosni Mubarak who is currently serving a five-year sentence for "broadcasting false news" after having already spent much of the past decade behind bars -- stopped drinking on November 6, 2022, according to his sister, after British Prime Minister Rishi Sunak said he wanted to take advantage of the COP27 climate summit held in Egypt this month to discuss his case. (Photo by Khaled DESOUKI / AFP)

ÉGYPTE - Après 13 jours sans manger, le détenu politique égypto-britannique Alaa Abdel Fattah a annoncé le terme de sa grève de la faim. Dans une lettre à sa famille rendue publique ce mardi 15 novembre, il a annoncé qu’il se remettait à manger, et qu’il espérait la voir jeudi après avoir été privé de visite pendant un mois. Pendant sept mois, l’opposant politique n’a avalé que 100 calories par jour, avant d’arrêter de manger le 2 novembre dernier, puis de boire quatre jours plus tard, à l’ouverture de la Cop27.

Mona Seif, la sœur du blogueur pro démocratie, icône du Printemps arabe et bête noire du régime d’Abdel Fattah al-Sissi, a posté en ligne la courte lettre remise à sa mère à la prison. Dans cette missive datée de lundi, Alaa Abdel Fattah, qui aura 41 ans le 18 novembre, écrit : « j’ai mis un terme à ma grève de la faim » et « je veux fêter mon anniversaire avec vous jeudi, ramenez un gâteau ».

Il n’a pas expliqué pourquoi il avait recommencé à se nourrir, affirmant seulement : « je vous verrai au parloir et je vous dirai tout alors ». « Que s’est-il passé à l’intérieur ? Qu’est-ce qui a été négocié ? », s’interroge sa tante, la célèbre écrivaine Ahdaf Soueif sur Twitter. « N’oublions pas qu’Alaa n’a aucune idée du soutien qui l’entoure à l’extérieur. Il est en prison, sans autre information que celles que (ses geôliers) décident de lui donner ».

« Je ne serai tranquille qu’une fois que ma mère et ma sœur auront vu Alaa de leurs propres yeux jeudi », a tweeté Mona Seif. À l’annonce de la fin de la grève de la faim du détenu, l’avocat Tarek El-Awadi, membre de la commission des grâces présidentielles en Égypte, a dit « espérer que l’État prendra rapidement des mesures pour le gracier ainsi que plusieurs autres condamnés ».

L’un de ses avocats en prison

La mère d’Alaa Abdel Fattah, Laila Soueif, a vu son fils pour la dernière fois le 17 octobre, lors de la visite familiale mensuelle. Depuis, elle n’a reçu que des lettres remises par des officiers de l’administration pénitentiaire qui, par deux fois, ont refusé les permis de visite de son avocat, Khaled Ali. Ce dernier ne l’a pas vu depuis mars 2020.

L’autre avocat d’Alaa Abdel Fattah, Mohammed al-Baqer, a été arrêté alors qu’il le défendait devant la justice militaire en septembre 2019 après son arrestation. Depuis, les deux hommes ont été condamnés à cinq ans de prison pour « fausses informations » après qu’Alaa Abdel Fattah a partagé sur Facebook un texte, écrit par quelqu’un d’autre, accusant un officier de police d’avoir torturé à mort un prisonnier.

Pour dénoncer son incarcération et celle des 60 000 détenus d’opinion que compte l’Égypte selon des ONG, Alaa Abdel Fattah n’a avalé pendant sept mois que 100 calories par jour. Le 2 novembre, il avait cessé de manger et le 6 novembre, à l’ouverture de la COP27 en Égypte, il avait décidé de ne plus boire non plus. Sa famille le disait en danger de mort.

Une grâce « dans l’intérêt de l’Égypte »

Son autre sœur, Sanaa Seif, a participé à deux conférences de presse remarquées à la COP27, où le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a dû répondre aux interrogations de plusieurs dirigeants occidentaux, notamment du président américain Joe Biden, au sujet du détenu.

Semblant faire un appel du pied, devant la presse et aux côtés de M. Sissi, Joe Biden a salué la semaine dernière à la COP27 la commission des grâces présidentielles réactivée en avril en Égypte. Vendredi 11 novembre, Mona Seif a déposé une nouvelle demande à cette commission.

Dans la foulée, l’un des présentateurs de talk-shows les plus influents du pays, Amr Adib, grand partisan de  Abdel Fattah al-Sissi, a plaidé pour une grâce « dans l’intérêt de l’Égypte ». Les médias proches du pouvoir, eux, ont affirmé, comme les autorités, « douter » que le détenu ait jamais été en grève de la faim.

Ses soutiens, en revanche, n’ont cessé de répéter que s’ils survivaient tant de jours sans eau, c’est qu’il était « nourri de force ». Le journaliste Ahmed Fayez l’a écrit sur Facebook le 8 novembre et a depuis été arrêté et inculpé pour « fausses informations », accuse le Comité pour la protection des journalistes, basé à New York. Selon cette ONG, « en l’arrêtant pour avoir parlé d’Alaa Abdel Fattah, le pouvoir égyptien montre au grand jour sa campagne contre la presse ».

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