Convoitises

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«Un nouvel eldorado.» Cette confidence n’a pas été arrachée à un dinosaure du ministère de l’Enseignement supérieur, trop heureux de tirer à boulets rouges sur ces boîtes à fric qui prospèrent désormais sur «le marché de la connaissance». Elle émane du directeur général d’une entreprise liée au secteur des études post-bac. Un eldorado de plusieurs milliards d’euros, où groupes privés et fonds de pension se livrent une guerre farouche, tant ils sont certains que ce business est aussi pérenne que juteux. Pas besoin d’avoir fait maths sup pour comprendre qu’une promo à 7000 euros l’année par client - pardon, par étudiant- se transforme vite en poule aux œufs d’or, d’autant que les intéressés passeront la moitié de leur année en stage, sans coûter grand-chose à leur école.

Le jackpot du privé a une origine : la démographie. Au tournant de l’an 2000 la France a enregistré un pic de naissances. Vingt ans après, les étudiants se pressent à l’entrée des facs sans trouver toujours leur place. Du coup, le privé s’engouffre dans la brèche. Après le baby-boom, le boom du business… Le privé profite aussi de la démocratisation de l’accès aux études supérieures. Une décision éminemment positive, mais que la puissance publique peine à financer. Le marché l’a vite compris.

Certes, le privé propose aussi des formations d’excellente qualité. Dans bien des secteurs, l’avenir de l’université passe par une collaboration étroite et encadrée avec l’entreprise. Mais les faiseurs de fric ont détecté le filon. Le marché des études supérieures devient une jungle ou le pire - ces boîtes à fric qui surfent sur le stress parental - côtoie le meilleur . Avec ce paradoxe maintes fois rencontré : le privé frappe en pleurant à la porte de l’Etat pour obtenir l’agrément qui lui permettra de prospérer. Mais à l’idée que le même Etat puisse agir pour réguler le marché, il pousse des hurlements…



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Post-bac, les pièges des écoles privées
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Un label d’Etat indispensable au cœur d’un business juteux
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