En contrefaçon, la grande évasion

Libération.fr

«Battleship Island» réécrit avec force pyrotechnie l’histoire de camps de forçats coréens et chinois lors de la Seconde Guerre mondiale.

L’île artificielle d’Hashima, au large de Nagasaki, d’une taille de deux terrains de football, existe bel et bien. Surnommée «l’île de l’enfer» ou «l’île prison» durant la Seconde Guerre mondiale - par les captifs coréens et chinois envoyés aux travaux forcés dans les mines de charbon sous joug japonais - Hashima est entrée en 2015 au patrimoine mondial de l’Unesco, sans que l’Etat japonais reconnaisse ce plus que fâcheux chapitre de son histoire militaire, à base d’individus morts au travail dans les tunnels creusés jusqu’à un kilomètre au-dessous du niveau de la mer.

Violence.Ryoo Seung-wan, acteur sud-coréen et réalisateur accro aux bastons fast et furieuses, rouvre en grand le livre délaissé avec son Battleship Island quitte à y ajouter quelques notes personnelles et inventées de toutes pièces d’un marqueur noir. Surtout, il y adjoint l’intrigue fictive d’un magistral plan d’évasion et tout un lot de personnages volontairement caricaturaux qui vont permettre de mener à bien le film coup de poing. Parmi les victimes parées à se rebeller, on côtoiera donc aussi bien un musicien de jazz archi vertueux à l’innocente jeune fille asservie par le grand méchant chef de camp japonais que la crapule de Séoul en mode combattant fervent, jusqu’à un possible traître.

Sous les gros traits dessinés se déroule un film speedé, tel un épisode au postulat tracé avec les pieds mais non moins exaltant. Les accents nationalistes bourgeonnent çà et là avec une pompe opératique, aussitôt tournés en dérision, à l’instar de cette mouche qui sera écrasée d’un doigt sur un micro. Stop aux flonflons. Le projet semble rêvé par quelqu’un qui voudrait réécrire une histoire aux plaies salement recousues et recouvertes, s’engouffrant avec jubilation dans la brèche ouverte par le Inglourious Basterds de Tarantino. La violence tarantinesque, justement, coule (...)

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