Contre les "mutilations" faites aux enfants intersexes, un député LREM dépose un amendement

Youen Tanguy
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Une manifestante porte une pancarte contre la "pathologisation des corps intersexes" à la Marche des fiertés parisienne du 29 juin 2019. (Photo: Christophe ARCHAMBAULT / AFP)
Une manifestante porte une pancarte contre la "pathologisation des corps intersexes" à la Marche des fiertés parisienne du 29 juin 2019. (Photo: Christophe ARCHAMBAULT / AFP)

INTERSEXUATION - L’enjeu est crucial, mais le sujet reste tabou. Ce jeudi 14 janvier, à l’occasion du projet de loi confortant les principes républicains, le député LREM Raphaël Gérard déposera à 17h un amendement, que Le HuffPost s’est procuré en exclusivité, pour le moment co-signé par 22 de ses collègues* et visant à lutter contre les mutilations sexuelles faites aux enfants intersexes.

Pour ce député de Charente-Maritime, qui a déjà porté le sujet lors des débats relatifs à la loi bioéthique, c’est une zone grise du droit. “On ne peut en principe pas pratiquer d’opérations irréversibles sans le consentement de la personne, nous explique-t-il. Mais dans les faits, on voit bien que ça n’est pas du tout respecté”.

“L’idée est de pousser le politique à reconnaître l’illégalité de ces interventions et dire qu’elles sont pénalement répréhensibles”, insiste de son côté auprès du HuffPost la juriste et coprésidente du Groupe d’information et d’action sur les questions procréatives et sexuelles (GIAPS) Marie-Xavière Catto, qui a participé avec d’autres membres du GIAPS à l’élaboration de cet amendement. Mais de quoi parle-t-on exactement ?

Des “opérations irréversibles”

Selon un rapport du Conseil de l’Europe de 2015, 1,7% des naissances en France chaque année concerneraient des enfants intersexes, c’est-à-dire nés avec des caractères sexuels (génitaux, gonadiques ou chromosomiques) qui ne correspondent pas aux définitions des corps masculins ou féminins. Selon ce rapport, 9...

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.