Contre l'islamophobie, ces femmes voilées veulent juste être "tranquilles"

Astrid de Villaines

POLITIQUE - “Racisme d’État! À bas, à bas, l’islamophobie!”. C’est derrière ce slogan que plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés ce samedi 19 octobre place de la République à Paris

Après une semaine marquée par des débats très virulents sur le port de la voile, déclenchés par l’interpellation d’une accompagnatrice de sortie scolaire par un élu du RN en Bourgogne-Franche-Comté, le collectif de Défense des Jeunes du Mantois avait appelé à un “rassemblement fraternel” au pied de la statue de Marianne, dans le Xe arrondissement de la capitale.

Beaucoup de femmes portant le voile avaient fait le déplacement. Si elles se disent déçues par le nombre de manifestants, elles affichent néanmoins une grande détermination pour lutter contre “le climat de haine”, selon Amira, qui témoigne au micro du HuffPost.

“On travaille, on paye nos impôts, on est intégrées”

“Je suis ici depuis seize ans, je n’ai jamais senti ce genre de climat. On ne se sent pas bien, même chez nous”, déplore cette participante. “Personne ne supporte plus l’autre, on vit dans un climat très tendu qui détruit toute société. J’espère que ça va se calmer. Toutes les guerres commencent par la haine” témoigne la jeune femme. 

“On veut juste vivre normalement comme tout citoyen français, on paye nos impôts, on est intégrées, on travaille au quotidien et on est tous Français dans l’âme”, résume Samira, également interrogée par Le HuffPost. Elle dit avoir peur, comme plusieurs des manifestantes qui portent le foulard. “Au quotidien, ce sont des regards, des bousculades... Au travail, pour les postes à responsabilité on nous fait comprendre que ce n’est pas pour nous”, relève-t-elle.

“Arrêtez M. Zemmour!”

“Ras-le-bol!” répond Jamila spontanément. “C’est la chasse aux sorcières voilées. On ne vous fait pas de mal, j’ai 57 ans, je n’ai pas bougé, je suis née en France, je suis restée là, je suis Française, mais laissez nous tranquille on n’a rien fait!” implore cette manifestante.

Elle-même a accompagné...

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