Le contre-espionnage tchèque s’inquiète des activités russes et chinoises

·2 min de lecture

Un rapport des services de contre-espionnage alerte sur les activités d’espions russes et chinois. Ces derniers menaceraient la sécurité et les intérêts du pays, mais chacun à leur manière.

De notre correspondant à Prague,

Les méthodes employées par Pékin et Moscou ne sont pas les mêmes, mais elles constituent des menaces dangereuses selon le BIS, le service tchèque d’information qui a publié mardi son rapport annuel.

« La différence essentielle est que la Russie cherche à déstabiliser et désintégrer ses opposants tandis que la Chine tente de rassembler autour d’elle un ensemble d’autres pays qui reconnaissent la légitimité des intérêts chinois », c’est ce qu’on peut lire dans ce rapport pour l’année 2019 qui vient confirmer des informations déjà publiées en 2018.

Cyberattaques

Il y a quand même des points communs établis dans ce rapport entre les Chinois et les Russes, notamment l’utilisation des nouvelles technologies avec des cyberattaques lancées par Pékin comme par Moscou contre le ministère tchèque des Affaires étrangères et contre les ambassades tchèques à l’étranger.

►À écouter aussi : Invité France - Officier français soupçonné d’espionnage : « La faille de sécurité s’est produite à l’Otan »

La République tchèque est d’abord une cible en tant que membre de l’Union européenne et de l’Otan, avec une position stratégique au cœur de l’Europe. Le pays est également membre du partenariat 17+1 que l’Empire du Milieu a noué avec les pays d’Europe centrale et orientale dans le cadre des Nouvelles routes de la soie promues par Pékin, qui a menacé les Tchèques de représailles après un rapprochement récent entre Prague et Taïwan.

Espions infiltrés chez les diplomates et dans le secteur privé

Selon le rapport du contre-espionnage tchèque, les agents chinois « ont profité de la disponibilité de la société tchèque à accueillir des offres d’investissement chinoises », en ciblant en particulier les secteurs de la technologie, de la défense, de la santé et de l’environnement afin de promouvoir une image favorable de la Chine.

Côté russe, l’ambassade de Prague traîne depuis plusieurs années la réputation d’être un nid d’espions, avec un contingent de diplomates bien supérieur à la moyenne en poste sur place. Par ailleurs, d’importants appels d’offres à venir dans le domaine nucléaire aiguisent les appétits et font l’objet d’intérêts à promouvoir, avec les deux centrales atomiques tchèques, de construction soviétique, dont la capacité doit être renforcée dans les prochaines années.

►À lire aussi : La Belgique s'inquiète d'un risque d'espionnage de la Chine dans ses universités