Contre la crise économique, le Venezuela augmente le prix de l'essence

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a annoncé samedi 30 mai une augmentation du prix de l’essence. Jusqu’ici les Vénézuéliens ne donnaient que quelques billets sans valeur aux pompistes du pays. Désormais, l’essence aura un coût. Ces nouveaux prix entreront en vigueur ce dimanche 31 mai.

De notre correspondant à Caracas,

C’est une petite révolution pour le Venezuela. Lors d’une allocution à la télévision publique samedi 30 mai, Nicolas Maduro a annoncé que trois nouvelles modalités allaient être mises en place pour se fournir en essence. Seule ressource qui résistait à l’inflation, elle était devenue presque gratuite, mais la grave pénurie qui frappe le pays depuis plus de deux mois n’a pas laissé d’autre choix au président vénézuélien que de revoir les prix du combustible.

La première modalité concerne les véhicules affectés au transport public de passagers et de marchandises. Pour ceux-là, l’essence sera subventionnée à 100%, donc elle continuera à être gratuite. La seconde décision concerne les personnes dotées d’un « carnet de la patrie », un dispositif mis en place en 2017 qui permet de recevoir des aides sociales et des colis alimentaires à prix préférentiel. Ceux-là paieront 5 000 bolivars le litre d’essence, soit à peine deux centimes d’euros, dans la limite de 120 litres par mois.

Une décision historique

Au-delà de cette limite, et pour toutes les personnes qui n’ont pas un « carnet de la patrie », il faudra payer le nouveau prix international fixé par le gouvernement à 50 centimes de dollars, soit environ un huitième du salaire minimum. C’est la troisième modalité et elle ne concernera que 200 stations-services qui seront gérées par des entreprises privées.

C’est donc une décision historique, car elle met fin au monopole de l’État dans la distribution de carburant et pour la première fois, l’essence sera vendu dans une autre monnaie que le bolivar. Une décision qui intervient d’ailleurs après l’arrivée de quatre pétroliers iraniens la semaine dernière et qu’un cinquième ne devrait plus tarder.

Ces pétroliers vont soulager la pénurie d’essence, mais ils augmentent la tension avec Washington qui voit d’un mauvais œil ce rapprochement entre Téhéran et Caracas.