Contre les chants homophobes dans le foot, la Ligue veut de la pédagogie avant la répression

Paul Guyonnet
Mehdi Mokhtari, qui arbitrait la rencontre de Ligue 2 entre l'AS Nancy Lorraine et Le Mans FC vendredi 16 août, a choisi d'interrompre brièvement la rencontre après des chants homophobes. 

FOOTBALL - Des tribunes du Parc des Princes à celles du stade Marcel-Picot. Au mois de mars dernier, la ministre des Sports Roxana Maracineanu avait été outrée d’entendre des insultes homophobes lancées par les supporters du Paris Saint-Germain à leurs rivaux de l’Olympique de Marseille. “Au lieu d’encourager leur équipe, ils disaient des choses horribles sur Marseille. Apparemment c’est historique, mais c’est juste pas possible”, avait-elle déclaré, expliquant qu’elle n’emmènerait pas ses enfants au stade dans ces conditions. Et de demander immédiatement des mesures à la Ligue de Football professionnel. 

Cette dernière s’était alors exécutée, proposant une série de réponses concrètes aux problèmes de l’homophobie et du racisme dans les enceintes sportives. L’une de ces mesures a d’ailleurs été appliquée pour la première fois ce vendredi 16 août, à l’occasion d’une rencontre de Ligue 2 entre l’AS Nancy Lorraine et Le Mans FC

Un peu avant la demi-heure de jeu, les ultras nancéiens, réunis comme à l’accoutumée en tribune Piantoni et à ce moment-là du match situés derrière le but de leur gardien Baptiste Valette, lancent un chant. Évoquant leur amour pour leurs couleurs et la Lorraine “rouge et blanche”, ils y tancent leurs rivaux régionaux du FC Metz, qui évoluent eux en maillot grenat. Sauf que parmi les rimes scandées, les Messins sont aussi qualifiés de “pédés”. 

Une interruption de quelques secondes

“Le chant prend bien”, rapporte au HuffPost un supporter présent dans la tribune au moment des faits. “Et là en plein match, le speaker du club dit ‘Les chants homophobes sont interdits, veuillez les cesser afin de ne pas perturber le match’.” Sauf que par provocations envers cette prise de parole inhabituelle dans les haut-parleurs du stade, les chants se poursuivent et sont accompagnés de quelques saillies à l’encontre de la Ligue, très vivement critiquée ces dernières saisons pour son traitement des supporters les plus actifs dans les stades

“Et là, il y a un...

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