La contestation en Birmanie ne faiblit pas

·2 min de lecture
LA CONTESTATION EN BIRMANIE NE FAIBLIT PAS

(Reuters) - De nouvelles manifestations se sont déroulées samedi dans plusieurs villes de Birmanie pour dénoncer le coup d'Etat militaire du 1er février et l'arrestation de la dirigeante élue Aung San Suu Kyi.

A Rangoun, première ville du pays, des membres des différentes communités ethniques du pays ont défilé ensemble pour afficher leur solidarité dans une contestation qui ne faiblit pas.

"Nous devons remporter ce combat", a déclaré à Reuters Ke Jung, membre de la minorité Naga présent à cette manifestation. "Nous sommes unis avec la population. Nous combattrons jusqu'à la fin de la dictature."

La Birmanie a connu plusieurs insurections de minorités ethniques depuis son indépendance en 1948 et l'armée s'y présente comme la seule institution capable de garantir l'unité nationale.

Aung San Suu Kyi fait partie de la communauté birmane, majoritaire dans le pays. Son gouvernement avait encouragé le processus de paix avec les groupes insurgés mais la dirigeante avait été critiquée par la communauté internationale pour son silence et son inaction face à la répression menée par l'armée contre la minorité musulmane des Rohingya.

Toujours à Rangoun, des manifestants ont déposé une gerbe pour honorer la mémoire de Mya Thwate Khaing, une jeune femme qui a succombé vendredi à ses blessures, plusieurs jours après avoir été touchée à la tête lors de la dispersion par la police d'une manifestants dans la capitale, Naypyitaw.

À Mandalay, la deuxième ville du pays, la police a tiré des balles en caoutchouc sur des ouvriers d'un chantier naval qui manifestaient et une personne a été légèrement blessée, montrent des images diffusées sur les réseaux sociaux.

La contestation, qui s'accompagne de grèves dans de nombreuses administrations, ne montre aucun signe d'essoufflement malgré la promesse de la junte d'organiser des élections et ses appels, doublés de menaces, à une reprise du travail des fonctionnaires.

L'armée affirme avoir le soutien d'une majorité de la population.

Elle a pris le pouvoir après avoir dénoncé pendant des semaines des fraudes lors des élections législatives du 8 novembre remportées à une écrasante majorité par la Ligue nationale pour la démocratie (LND) d'Aung San Suu Kyi. La commission électorale a rejeté ces accusations.

(Bureaux de Reuters; version française Camille Raynaud et Patrick Vignal)