Contestation au Liban: de nouveaux heurts et de nombreuses arrestations

Le Liban connaît un mouvement de contestation sans précédent depuis trois mois. Mercredi, les banques ont été de nouveau la cible de la colère populaire. Des dizaines d'arrestations ont eu lieu ces dernières 48 heures.

Le mouvement de contestation contre le gouvernement se poursuit au Liban. Des violences ont éclaté mercredi soir et pour la deuxième soirée de suite, entre manifestants et forces de l’ordre. 

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La colère populaire s'exprimait à nouveau contre les banques. Le pays est pris en tenaille entre crises politique et économique et des dizaines de personnes s'étaient rassemblées devant la Banque centrale à Beyrouth mais également devant d'autres établissements partout dans le pays. Des rassemblements dispersés à coups de matraque et de gaz lacrymogène.

« Des politiciens qui ont des parts dans ces banques »

Hani Hamzeh se trouvait parmi les manifestants à Tripoli. « Au début de la révolution, il y a toujours eu une certaine direction [de la colère] vers les banques, parce que c’est connu au Liban qu'en majorité, les politiciens ont des parts dans les banques libanaises, explique-t-il à RFI. Tout le système monétaire a été fait, d’une certaine manière, pour donner l’avantage à ces banques. »

Hani Hamzeh poursuit : « On utilise deux monnaies, la livre libanaise et le dollar, dans notre vie quotidienne. Or, il n’y a plus de dollar et la livre est passée, dans ces marchés parallèles, de 1 500 à 2 550 [pour un dollar]. Cela veut dire que les gens ont perdu plus de 40% de leur pouvoir d’achat et de leur salaire. On est dans une crise économique, et les entreprises privées sont en train de licencier les gens ou de leur donner la moitié du salaire. Et de plus, il y a une augmentation des prix de toutes les marchandises. »

Nombreuses arrestations

Mardi, « 59 personnes soupçonnées d'actes de vandalisme et d'agressions » ont été arrêtées, ont indiqué les forces de l'ordre qui ont également procédé à des arrestations mercredi - dont le nombre n'a pas été communiqué - parmi une foule venant réclamer la libération des détenus de la veille.

Mais selon une liste de noms communiquée par le « comité des avocats pour la défense des manifestants », dont l'AFP a obtenu une copie, 101 personnes sont détenues, dont 56 ont été arrêtées mercredi soir - y compris cinq mineurs.

Plus de 80 blessés

Jeudi, le procureur général près la Cour de cassation, Ghassan Oueidate, a toutefois ordonné la libération de tous les détenus à l'exception des auteurs « d'actes de vandalisme ou de ceux faisant l'objet de mandats d'arrêt précédents », a rapporté l'agence nationale de l'information (ANI).

La Croix-Rouge libanaise a indiqué pour sa part avoir soigné 84 blessés, dans les deux camps, après les affrontements.