Contestation au Chili: violentes manifestations lors d'un festival à Viña del Mar

De violentes manifestations anti-gouvernementales et des heurts avec la police se sont produits dimanche 23 février dans la ville chilienne de Viña del Mar au moment où s'ouvrait un festival international de la chanson, le plus important d'Amérique latine.

Des milliers de manifestants munis de pierres, de bâtons et de cocktails Molotov, dont beaucoup étaient masqués, ont provoqué des troubles à l'entrée du site du festival, un grand parc appelé Quinta Vergara. La police, qui avait déployé un important dispositif de sécurité, a barré le passage aux manifestants et les a repoussés avec du gaz lacrymogène et des camions lanceurs d'eau.

La manifestation avait été convoquée dans le cadre du mouvement de protestation sociale qui a débuté il y a quatre mois au Chili et qui a fait 31 morts et de nombreux saccages et incendies d'établissements commerciaux et autres.

Des centres commerciaux attaqués

À Viña del Mar, une cité banéaire situé à 120 km à l’ouest de Santiago, lorsque les manifestants ont été bloqués par les policiers anti-émeutes, ils se sont mis à attaquer des locaux commerciaux situés non loin du site du festival, dont l'hôtel O'Higgins, l'un des établissements les plus anciens et élégants de la ville.

Des dizaines de manifestants masqués ont lancé des pierres et ont brisé les vastes baies vitrées de la façade de l'hôtel, puis ont lancé à l'intérieur des cocktails Molotov ainsi que des grenades lacrymogènes de la police qu'ils avaient récupérées. Ils ont aussi incendié au moins sept véhicules.

L'une des vedettes du festival, le chanteur Ricky Martin, considéré comme la star de la pop latino, a exprimé devant la presse son soutien aux revendications sociales. Selon l'artiste portoricain naturalisé espagnol, elles sont « importantes » pour « faire comprendre aux dirigeants de nos pays ce dont nous avons besoin ». Il a toutefois ajouté que les revendications devraient être présentées « d'une manière ordonnée ».

Ricky Martin était déjà monté au front en août dernier sur le terrain politique pour soutenir, avec d'autres artistes, la demande de démission du gouverneur de Porto Rico, Ricardo Rossello, accusé d'avoir tenu des propos racistes, sexistes et homophobes.