Consultation des maires pour les régionales: un système d'alerte utilisé par les préfets pour contacter les élus

Jules Pecnard
·2 min de lecture
L'Association des maires de Frances, comme l'ADF et l'ARF, demande à l'exécutif de maintenir les élections régionales en juin (illustration) - AFP / Damien Meyer
L'Association des maires de Frances, comme l'ADF et l'ARF, demande à l'exécutif de maintenir les élections régionales en juin (illustration) - AFP / Damien Meyer

Tout part d'accusations provenant de parlementaires Les Républicains. Beaucoup se sont agacés de la façon, jugée expéditive, dont l'exécutif a consulté les maires ce week-end sur le maintien des élections régionales et départementales en juin. En plus de demander aux édiles de se prononcer par mail en à peine plus de 48 heures, le gouvernement aurait permis aux préfets de leur donner un coup de pouce si nécessaire. Et pas des moindres.

Plusieurs députés LR interrogés par BFMTV.com rapportent que, dans leur circonscription, des maires ont été contactés grâce à Gala, ou dispositif de Gestion d'alertes locales automatisées, réservé aux crises. Dans Le Figaro ce lundi soir, le chef de file de la droite sénatoriale, Bruno Retailleau, abonde dans ce sens. Playbook, la newsletter quotidienne de Politico, évoque également le recours aux fichiers du dispositif ORSEC.

"C'est un système utilisé pour les problèmes imminents ou les catastrophes naturelles", nous décrit un parlementaire LR. "Ils ont utilisé le numéro dédié aux alertes inondations, c'est quand même dingue", peste un poids lourd du groupe à l'Assemblée nationale.

Un maire aveyronnais nous a communiqué le SMS qu'il a reçu de la part de la préfecture. La différence d'objet entre celui sur la consultation de ce week-end et les précédents parle d'elle-même.

"Pas systématisé"

Selon nos informations, le ministère de l'Intérieur a bel et bien autorisé, au moins tacitement, les préfets à recourir à ce système. "Au moment de 'repointer' (comprendre, compter les maires ayant répondu, ndlr) certains préfets ont pu utiliser ce type d'outil. Cela a été discuté en amont, mais ça n'a pas été systématisé", assure une source bien informée auprès de BFMTV.com.

"Dans les mairies de province, qui ne comptent que quelques dizaines d’habitants, où il n'y a pas de permanence le week-end, le maire ne regarde pas nécessairement ses mails. En plus, nous sommes en période de vacances", explique-t-elle.

Et d'ajouter: "Le plus dramatique aurait été que certains maires ne soient pas mis au courant".

Article original publié sur BFMTV.com