« Constructeur de barrage ou perceur de plafond ? » : la chronique de Gaspard Proust sur la présidentielle

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© Robert Jean-François

On prend souvent les Français pour un peuple d’intellectuels réfractaires aux travaux manuels. Comme on se trompe ! Ils ont de l’or dans les mains et s’il existait une journée de la valorisation du travail manuel – une sorte de 14-Juillet de la bricole –, ce serait à coup sûr le jour du deuxième tour de l’élection présidentielle.

En ce jour, deux grands secteurs passionneront la main calleuse du Gaulois : d’un côté, les « aquatiques » artisans du barrage républicain ; de l’autre, les « aériens » perceurs de plafond de verre. Statistiquement, les barragistes sont plus nombreux. C’est normal, la peur du vide peut refroidir pas mal de vocations.

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Le barragiste aime contenir, encercler, enfermer. Bien qu’exhibant de façon quasi pornographique son ouverture, sa tolérance – et parfois même son sexe pour prouver qu’il est une femme à une convention EELV –, il n’en garde pas moins un réflexe d’écluse pétrie de brûlantes références historiques. S’il existait des turbines électriques fonctionnant au champ lexical du fascisme, cet homme serait un Qatar sur pattes et on aurait pu se passer de gaz russe depuis longtemps.

Quand il érige de la digue morale, il adore se motiver à coups de « Ras le Front ! F-Haine ! » et autres trouvailles sémantiques évoquant à la fois Jacques Séguéla et la merguez de cortège social. Trouvailles dont le raffinement rivalise avec les plus audacieux jeux de mots en « tif » de n’importe quelle devanture de salon ...


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