Constantin Cavàfis, éphèbe papillons

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Le poème - un parmi d’autres - s’intitule «Je suis allé» et en voici l’intégralité : «Rien ne m’a retenu. J’ai tout laissé aller. / Vers les plaisirs, mi-réels / mi-hôtes de mon cerveau, / je suis allé dans la nuit lumineuse. / Et j’ai bu des vins forts, comme en boivent / les vaillants de la volupté.» Constantin Cavàfis (dont le nom s’orthographie aussi au fil des traductions françaises Cavafy ou Cavafis) est né en 1863 à Alexandrie où il est mort le jour de ses 70 ans. La jouissance du plaisir homosexuel est un de ses thèmes mais aussi les évocations historiques de la Grèce antique. «La juxtaposition très alexandrine du poème érudit, de la saynète populaire et de l’épigramme érotique atteint chez lui au maximum d’absence volontaire d’effet : ce disparate et cette continuité sont ceux de la vie même», a écrit Marguerite Yourcenar en tête d’une édition des Poèmes qu’elle a cotraduits dans la collection «Poésie» de Gallimard. Presque inconnu de son vivant, le Grec est un auteur à la fois culte et discret. «Cavàfis est l’anti-Rimbaud : son développement fut progressif et lent», écrit Michel Volkovitch dans sa postface à une nouvelle traduction. Et aussi que «la langue du poète est un idiome à part, mélange original de langue savante archaïsante et de langue populaire contemporaine, alternée selon les besoins ; une langue nue, avare en vocabulaire, aussi éloignée de la langue poétique traditionnelle que du langage quotidien». Cette édition est chronologique, mêlant donc les poèmes reniés par Cavàfis après une première publication de jeunesse, ceux qu’il a publiés et ceux qu’il a cachés, la nature de chacun étant indiquée en bas du texte, quelques notes éclairant sobrement les poèmes historiques. Le volume paraît aux éditions Le Miel des anges que dirige Michel Volkovitch et qui sont exclusivement consacrées aux poètes grecs (1).

Cette jouissance-là, celle vécue avec de jeunes hommes, est perpétuellement présente dans les années créatrices, comme méthode d’éducation à (...)

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