Consommer de la viande transformée augmenterait grandement le risque de démences

Maxime Poul
·3 min de lecture
Consommer une tranche de bacon par jour augmenterait de 44% les chances d'être atteint de démence.

Selon des scientifiques britanniques, la consommation régulière de viandes transformées aurait un lien avec les risques de démences. Explications.

Si le lien entre la nutrition et la santé n'est un scoop pour personne, cette étude britannique en dit long sur les effets de la consommation régulière de viandes transformées. Selon des scientifiques de l'université de Leeds, la consommation de viandes transformées est associée à un risque accru de développer une démence.

Les chercheurs ont examiné les données de près de 500 000 personnes âgées de 40 à 69 ans collectées entre 2006 et 2010 par la UK Biobank. Cette base de données qui dispose d'informations génétiques et sanitaires approfondies sur les patients a permis aux scientifiques d'avoir des informations sur la fréquence de la consommation de viande des participants, notamment sur la viande transformée. Pour rappel, la viande transformée fait référence à la viande qui a été modifiée de son état naturel, le plus souvent par salaison, maturation, fermentation ou encore fumaison pour changer sa saveur ou sa conservation. On y trouve notamment les saucisses, le saucisson ou encore le bacon.

25 grammes par jour = 44% de risques en plus

Cette étude publiée dans l'American Journal of Clinical Nutrition révèle que la consommation d'une portion de 25 grammes de viande transformée par jour, soit l'équivalent d'une tranche de bacon, augmente de 44% les risques d'être atteint d'une démence. L'alimentation jouerait donc un rôle essentiel dans la prévention de la démence, ce syndrome "dans lequel on observe une dégradation de la mémoire, du raisonnement, du comportement et de l’aptitude à réaliser les activités quotidiennes", comme le décrit l'OMS.

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Lors de cette étude, 2896 cas de démence ont été diagnostiqués sur une période moyenne de 8 ans de suivi. Les personnes les plus concernées par ces démences étaient de manière générale plus âgées, plus défavorisées, moins éduquées, plus susceptibles de fumer, moins actives physiquement et plus susceptibles d'avoir des antécédents familiaux d'AVC et de démence. Si les hommes semblent plus exposés que les femmes, les chercheurs ont découvert à travers les résultats que les risques liés à la consommation de viande transformée sont les mêmes, qu'une personne soit génétiquement prédisposée à développer la maladie ou non.

Plus de viande rouge pour moins de démence ?

Cité par l'Independent, le professeur Kevin McConway, professeur émérite de statistiques appliquées à l'Open University, estime que si la consommation de viande transformée et les démences ont probablement un lien, il se pourrait que d'autres facteurs entrent en jeu : "Si les personnes qui consomment plus de viande transformée sont plus susceptibles de recevoir un diagnostic de démence, cela pourrait également être à cause de ces autres facteurs de risque plutôt qu'à cause de leur consommation de viande transformée. [...] Les résultats sont intéressants, mais ils n’établissent rien de certain".

Mais tout n'est pas mauvais pour la santé dans la viande, au contraire. Ces scientifiques ont également constaté que consommer de la viande rouge non transformée pourrait avoir des vertus protectrices contre la démence. D'après les résultats, les gens qui en consomment 50 grammes par jour seraient 19% moins susceptibles de développer une démence.

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