Consommation de cannabis et risque cardio-vasculaire : le mécanisme élucidé

Il est déjà connu et reconnu que le cannabis accroît le risque de maladies cardio-vasculaires des consommateurs. En revanche, peu de choses sont correctement comprises concernant les mécanismes physiopathologiques sous-jacents. Une équipe de recherche a souhaité en savoir plus sur le lien entre exposition à la substance psychoactive du cannabis, le THC ou tétrahydrocannabinol, et le risque cardio-vasculaire pour les patients. Leurs travaux ont été publiés dans la prestigieuse revue Cell le 29 avril 2022.

Un antagoniste issu du soja, la génistéine

Fumer du cannabis active la production de cytokines pro-inflammatoires impliquées dans la survenue de maladies cardio-vasculaires. Par ailleurs, le THC a la capacité de se lier au récepteur cannabinoïde 1 (CB1/CNR1) localisé sur les vaisseaux sanguins. Pour mieux comprendre les mécanismes sous-jacents, les auteurs ont identifié un antagoniste du récepteur CB1 : la génistéine, une isoflavone issue du soja.

Bloquer le récepteur CB1 dans un modèle cellulaire

Un modèle cellulaire mimant l’inflammation et le stress oxydatif induits par une exposition au THC a été utilisé. La voie de signalisation NF-κB est impliquée. Pour étudier les effets de l’extinction du récepteur CB1, trois systèmes ont été utilisés : les ARN silencieux, l’interférence Crispr et la molécule antagoniste génistéine. La technique de l’ARN silencieux permet de stopper la traduction de l’ARN en protéine et donc d’éteindre l’expression d’un gène, ici celle du récepteur CB1. L’interférence Crispr permet de couper un morceau d’ADN pour empêcher sa transcription en ARN, puis sa traduction en protéine. L’utilisation de molécules antagonistes d’un récepteur, ici la génistéine, permet de bloquer les voies de signalisation sous-jacentes. Dans les trois cas, l’extinction du récepteur CB1 a atténué les effets délétères du THC dans le modèle cellulaire.

Des études chez la souris ont permis de confirmer l'implication du récepteur CB1. © Vit Kovalcik, Adobe Stock
Des études chez la souris ont permis de confirmer l'implication du récepteur CB1. © Vit Kovalcik, Adobe Stock

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