Aux consommateurs de réagir !

Le piège de la vache folle se resserre. Le nombre des victimes humaines augmente en Grande-Bretagne (après la mort de milliers de bovins), bien que le gouvernement britannique et l’Union européenne aient dépensé des milliards pour procéder à des abattages de masse du cheptel sans précédent. Et voilà que, sur le continent, la France - le plus grand producteur de boeuf d’Europe - connaît maintenant un nombre croissant de cas d’ESB.
Les autorités françaises et européennes se trouvent devant une décision difficile : doivent-elles abattre tous les bovins suspects pour réduire au maximum le risque de contamination ? Ce serait très exagéré : selon les syndicats d’agriculteurs français, cela représenterait 5 millions de bêtes et, d’après les estimations, il en coûterait 5,8 milliards de marks [19,5 milliards de FF]. Et que faire des cadavres ? Les transformer en farines animales, comme auparavant, pour nourrir les porcs et les poulets ? Voilà qui ne mettra pas particulièrement l’eau à la bouche aux consommateurs.
Pour la première fois, on est enclin à plaindre les représentants du lobby agroalimentaire et du gouvernement, qui doivent gérer ce dossier en l’absence d’informations précises sur l’étendue de l’épidémie. Les contraintes budgétaires et la sauvegarde de l’image du boeuf, la protection des animaux et le principe de précaution sont en totale opposition. Comment prendre une décision raisonnable dans ces conditions ?
Les ministres des Länder allemands tentent donc désespérément d’échapper à l’ESB. Ils se raccrochent à un fétu de paille en faisant valoir que les farines animales sont depuis longtemps interdites dans l’alimentation des ruminants en Allemagne et que ces farines faisaient en outre l’objet d’une cuisson plus poussée que dans le reste de l’UE. En d’autres termes : le boeuf allemand est propre. Et il doit le rester. Les ministres des Länder ont donc réclamé, le 10 novembre, au Bundesrat [chambre des Länder], que l’importation de boeuf français soit interdite, tandis qu’Andrea Fischer, la ministre fédérale de la Santé, a menacé d’embargo tous les pays qui n’estampillent pas leur viande de boeuf conformément à la réglementation en vigueur.
Les ministres et les agriculteurs allemands n’ont plus qu’à compter sur la chance et à espérer que le sort de leurs homologues français leur soit épargné. Ils peuvent tabler sur l’inertie des consommateurs : ceux-ci ont toujours fini par avaler plus ou moins vite les scandales agroalimentaires, hélas ! Car ce n’est pas ainsi qu’on fera bouger les choses sur le marché international de la viande.

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