"Je me considère comme une miraculée" : une rescapée de Boutcha témoigne sur BFMTV

Anna Pulonskaya a fui la ville ukrainienne avec son mari Anton alors qu'elle était enceinte. Alors que leur véhicule a été visé par des tirs russes, elle a perdu son époux, puis quelques jours plus tard leur enfant à naître.

Ce risque, ils l'ont pris d'un commun accord. Le 4 mars dernier, Anna Pulonskaya et son époux Anton prennent la décision de fuir la ville de Boutcha, où ils résident avec leur chien. Alors que la ville est le théâtre d'exactions de militaires russes, la jeune Ukrainienne enceinte et son compagnon prennent la route avec leur véhicule marqué d'un ruban blanc en signe de pacifisme.

"On a pu faire à peine cinq minutes en voiture, à peine un kilomètre et demi depuis notre maison, qu'on a été mitraillés par un char", raconte-t-elle sur BFMTV ce lundi soir. "Mon mari a été tué sur le coup et j'ai eu de la chance, je me considère comme miraculée", poursuit Anna. "C'était tellement horrible que je n'ai pas envie d'y repenser".

Blessée mais soignée par l'armée ukrainienne

Si elle survit miraculeusement aux tirs russes, elle reçoit plusieurs éclats et est victime de nombreux traumatismes. Rapidement extraite du véhicule par des soldats ukrainiens, elle est immédiatement transférée dans un hôpital militaire pour y être opérée.

"J'ai eu un moment d'absence, j'ai perdu connaissance parce qu'une fois que je me suis réveillée je leur ai demandé où était notre chien, et il avait été sauvé", confie-t-elle encore, "c'est un grand merci que je dois à mes sauveteurs".

Une fausse couche cinq jours après son opération

Évacuée peu de temps après l'intervention chirurgicale, Anna fait une fausse couche et perd son enfant cinq jours seulement après son opération. Elle réapprend progressivement à marcher depuis Kiev, où elle se trouve désormais.

"C'est inimaginable qu'au XXIe on puisse comme ça s'attaquer et tirer sur des civils qui sont en train de s'enfuir", ajoute Anna sur notre antenne. "Ce qu'ont vécu les gens de Boutcha, de Marioupol, de Kharkiv... Si vous ne l'avez pas vu de vos propres yeux vous ne comprendrez pas l'horreur, la souffrance et la terreur de ceux qui ont vécu ça. Je ne le souhaite à personne", a-t-elle poursuivi.

Malgré les drames qu'elle a vécu, Anna ne souhaite pas quitter Kiev: "c'est ici que je vois mon avenir". Pour le moment, elle souhaite "par tous les moyens", aider la population. "Je parle l'allemand et l'anglais et j'ai déjà fait du volontariat, des traductions en ligne", affirme-t-elle, persuadée de la future victoire de son pays dans ce conflit. "Le bien triomphe du mal et nous espérons que le monde nous aidera", conclut-elle.

Article original publié sur BFMTV.com

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