Conseillère Pôle emploi tuée: le tireur n'était pas inscrit à cette agence et ne connaissait pas sa première victime

Robin Verner
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Le procureur de la République de Valence, Alex Perrin, le 28 janvier 2021.  - BFMTV
Le procureur de la République de Valence, Alex Perrin, le 28 janvier 2021. - BFMTV

"On doit parler d'assassinat, car on pense vraiment qu'il y a une préméditation". Devant le micro des journalistes, peu avant 17h, le procureur de la République de Valence, Alex Perrin, a défini les termes du drame qui a endeuillé le chef-lieu de la Drôme ce jeudi dans la matinée.

Un ingénieur sans emploi a abattu une employée de l'agence locale de Pôle Emploi avant de tuer la directrice des ressources humaines d'une entreprise de collecte des déchets, située à Guilherand-Granges, dans l'Ardèche voisine. Le magistrat a souligné que l'assassin présumé n'avait aucun lien avec l'agence Pôle Emploi de Valence. Il a en revanche été salarié de l'entreprise ardéchoise entre 2008 et 2010.

Un premier crime sur les coups de 8h30

"Cet homme de 45 ans, un ingénieur à ma connaissance sans activité, s’est présenté à cette agence Pôle Emploi vers 8h30 comme s’il était inscrit à l’agence, ce qui n’était pas le cas", a ainsi lancé le procureur de la République. Avant lui, Elisabeth Borne, ministre du Travail et elle aussi présente sur les lieux, avait précisé: "Il n’était pas suivi à l’agence de Valence, il était inscrit à Nancy."

Le procureur Alex Perrin a continué à retracer le déroulement des faits dans l'agence Pôle Emploi: "Il a souhaité consulter la borne interactive de recherche d’emplois. Il a eu un contact avec un certain nombre d’agents." Il a d'ailleurs insisté sur le calme apparent de l'individu: "Tout ça se passait de manière absolument normale, son comportement n’était pas inadapté. Il n’était pas agressif. Il arrive que des personnes se montrent agressives dans des agences Pôle Emploi mais ce n’était pas du tout le cas."

Une cible fortuite

C'est au moment où il semblait quitter les lieux que l'homme a commis son crime. "Et puis au moment de sortir, il a sorti une arme et a fait feu sur cet agent, une femme de 53 ans. Il a tiré une fois et l’a touchée mortellement au niveau thoracique. C’était clairement un tir pour tuer, la personne n’a pas pu être réanimée", a ainsi déclaré le procureur de la République, ajoutant plus tard que si le forfait était prémédité, sa cible était fortuite:

"On a l’impression qu’il ne connaissait pas l’agence et on pense qu’il ne connaissait pas cette agente. C’est fortuit, c’est la personne qu’il a croisée à laquelle il s’en est pris".

"Il avait des munitions sur lui"

Il est alors monté dans sa voiture, garée près de l'agence, et a démarré en direction de Guilherand-Granges, vers cette société dont il n'était plus salarié depuis dix ans, et où il a tué la DRH, âgée de 51 ans. Le procureur de la République a déclaré:

"On ne sait pas si elle était visée, c’est peut-être quelqu’un qu’il a connu à l’époque où il travaillait dans l’entreprise. (…) Mais a priori, il n’y avait pas de conflit particulier entre ce monsieur et cette personne". On sait cependant qu'il avait réclamé auparavant, en vain, de rencontrer un responsable, parti à la retraite dans l'intervalle.

Le magistrat a précisé le type de cartouches retrouvées sur les lieux du premier crime: "On a retrouvé au sol quelques cartouches et étuis, il avait manifestement quelques munitions sur lui. On pense qu’il a utilisé à ce moment-là une arme de poing mais des vérifications sont en cours actuellement."

L'homme a été arrêté vers 9h30 et placé en garde à vue. L'enquête a été confiée au service régional de police judiciaire de Valence.

Article original publié sur BFMTV.com