Un Conseil européen sans véritable réponse face à la crise du coronavirus

Les 27 dirigeants de l'Union européenne étaient réunis ce jeudi en visio-conférence pour trouver une voix commune et accélérer les mesures, surtout économiques, face au coronavirus qui fait de plus en plus de morts en Europe. Après plus de six heures de discussion, le sursaut des 27 n’est pas intervenu et ce Conseil européen n'apporte pas de véritable réponse, ni d'unité.

La présidence française qui était très ambitieuse pour ce sommet a sonné l’alarme. Les fondements de l'Union européenne sont en péril, ce qui est en jeu c’est la survie du projet européen. Des propos tenus aux autres dirigeants signés, selon une source diplomatique, Emmanuel Macron.

Colère des pays du sud : l'Espagne et l’Italie sont violemment frappés par le virus. Le chef du gouvernement italien voulait une riposte économique « forte et adéquate » avec le Premier ministre espagnol. Giuseppe Conte a finalement refusé de signer les conclusions du sommet.

Divisions

Encore une fois, on a retrouvé ce clivage : ceux du Sud, qui plaident pour plus de solidarité financière contre ceux du Nord avec l’Allemagne qui refuse les eurobonds, une mutualisation de la dette. On se serait donc cru revenu dix ans en arrière avec au moins un acteur dans le même rôle, à savoir Angela Merkel, commente notre bureau à Bruxelles. Comme lors de la crise grecque, la chancelière allemande mène le front des pays qui refusent d’éponger les dettes des pays peu regardants sur la gestion des finances publiques. Les Pays-Bas, l’Allemagne et la France veulent utiliser le MES (ce Mécanisme européen de stabilité justement créé lors de la dernière crise). L’idée de la moitié nord de l’Europe étant de mettre en œuvre une ligne de crédit remboursable sous cinq à sept ans dans le cadre du MES. En face, les pays du Sud emmenés par l’Espagne et l’Italie veulent un « emprunt corona » ou « corona bonds », une émission d’obligations communes.

C'est un échec sur une coordination économique, un échec politique aussi. Après la crise financière et la crise des réfugiés, l’Union européenne affronte son troisième choc et elle étale encore et toujours les mêmes divisions.

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Les ministres des Finances vont devoir résoudre la quadrature du cercle et cet échec montre bien les limites de la visioconférence. Elle ne permet pas de s’isoler à deux ou à quelques-uns pour chercher des compromis, elle ne permet pas la confidentialité puisque personne ne sait qui écoute et pour un sommet européen, il faut à la fois des échanges personnels et de la confiance.