Conseil européen : le Polonais Donald Tusk réélu contre son pays

Libération.fr
Le président du Conseil européen, Donald Tusk, à Malte, le 3 février.

L’ancien Premier ministre libéral a été reconduit pour deux ans et demi à la présidence de Conseil européen des chefs d’Etat et de gouvernement, alors que le gouvernement polonais s'y opposait fortement.

Tout à sa haine de son compatriote Donald Tusk, Jaroslaw Kaczynski, patron du PiS (Droit et justice, un parti nationaliste et ultraconservateur) et véritable maître de la Pologne, a réussi l’exploit d’isoler et de ridiculiser son pays lors du Sommet de l'UE qui s’est achevé ce vendredi. En effet, l’ancien Premier ministre libéral a été reconduit pour deux ans et demi à la présidence de Conseil européen des chefs d’Etat et de gouvernement, alors que le gouvernement officiellement conduit par Beata Szydlo s’y opposait : «Rien (ne doit être fait) sans nous et sans notre accord», a-t-elle clamé, jeudi, à son arrivée à Bruxelles. Mais elle ignorait manifestement que les Vingt-huit pouvaient décider de cette nomination à la majorité qualifiée, ce qui fut fait immédiatement, à main levée : elle s’est retrouvée totalement isolée.

Le plus intéressant dans cette affaire est l’attitude d’une autre «démocrature», du nom de ces démocraties autoritaires qui ont émergé dans certaines anciennes démocraties populaires, en l’occurrence la Hongrie de Viktor Orbán. Le Premier ministre, membre du Fidesz, tout aussi peu respectueux de l’Etat de droit et des valeurs européennes que son alter ego du PiS, s’est bien gardé de soutenir Varsovie dans un combat perdu d’avance. Plus manœuvrier que Kaczynski, il a parfaitement compris que, pour éviter la marginalisation, il vaut mieux s’opposer avec parcimonie à ses partenaires, surtout dans l’enceinte policée du Conseil européen. Il l’a certes déjà fait, par exemple en votant, en 2014, contre la nomination de Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission, mais en renfort de David Cameron, alors Premier ministre britannique, un pays alors puissant et central dans le dispositif européen. Et là, il s’agissait d’un vrai choix (...)

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