Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU demande la libération d'Aung San Suu Kyi

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En pleine prise avec des manifestations contre le coup d'État, la junte birmane a annoncé la libération de 23 000 prisonniers. De la poudre aux yeux pour les ONG de défense des droits de l'homme, alors que les principaux leaders politiques dont Aung San Suu Kyi sont toujours détenus. À Genève, le Conseil des droits de l'homme a adopté en urgence une résolution pour demander leur libération immédiate.

Avec notre correspondant à Genève, Jérémie Lanche

Le Haut-commissariat aux droits de l'homme dénonce un retour en arrière pour la Birmanie, qui met en péril tous les efforts entrepris depuis 10 ans pour emmener le pays sur la voie de la démocratie. La junte est aujourd'hui le principal obstacle au développement du pays.

« La Haut-commissaire et moi-même sommes admiratifs devant la conviction des manifestants birmans. Ce sont eux qui représentent l'avenir de la Birmanie, a affirmé la Haut-commissaire adjointe, Nada al-Nashif. Que ce soit clair : l'utilisation indiscriminée d'armes léthales ou non sur des manifestants pacifiques est inacceptable. Toute violence supplémentaire à l'encontre du peuple birman ne fera que souligner le caractère illégitime du coup d'État et la culpabilité de ses auteurs ».

Le Haut-commissariat aux droits de l'homme demande aux États de prendre des sanctions ciblées à l'encontre des militaires. Mais ces derniers disposent encore de puissants soutiens.

Si la résolution sur la Birmanie a été adoptée à l'unanimité par le Conseil, c'est aussi parce que la Russie et la Chine ont vidé le texte de sa substance. Il n'est plus question par exemple d'appuyer la demande d'accès à la Birmanie par le rapporteur spécial. Aucun n'a pu se rendre dans le pays depuis 2017 et la campagne de persécution à l'encontre de la minorité Rohingya.