Un Conseil de défense sur l’énergie ? La stratégie d’Emmanuel Macron critiquée

Emmanuel Macron (ici le 29 août à l’Élysée) tiendra un Conseil de défense sur l’énergie le 2 septembre.
LUDOVIC MARIN / AFP Emmanuel Macron (ici le 29 août à l’Élysée) tiendra un Conseil de défense sur l’énergie le 2 septembre.

LUDOVIC MARIN / AFP

Emmanuel Macron (ici le 29 août à l’Élysée) tiendra un Conseil de défense sur l’énergie le 2 septembre.

POLITIQUE - Vendredi 2 septembre, au Palais de l’Élysée, Emmanuel Macron présidera un Conseil de défense consacré non pas à des questions militaires mais énergétiques. L’enjeu : assurer l’approvisionnement en gaz et en électricité de la France cet hiver. Mais le format, qui impose des délibérations à huis clos et exclut de fait les oppositions, fait grincer des dents.

« L’approvisionnement en gaz et en électricité étant un intérêt vital pour le pays, le Conseil de défense et de sécurité nationale (SDSN) aura pour objectif de faire le point sur la situation ainsi que sur les scénarios envisagés pour se préparer à tous les cas de figure cet automne et cet hiver », a expliqué à l’AFP un conseiller de l’Élysée.

La justification est loin de satisfaire Marine Le Pen. Ce mardi 30 août, la présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale a accusé Emmanuel Macron de « contourner encore le Parlement », une critique récurrente depuis le premier quinquennat. À la place du Conseil de défense, elle propose de convoquer l’Assemblée « au plus vite, compte tenu de l’urgence sur la situation énergétique. » En vacances, les députés ne seront normalement pas de retour dans l’hémicycle avant le 3 octobre, date de la rentrée parlementaire.

Elle n’est pas la seule sur cette ligne. Son adversaire et homologue LFI dans l’hémicycle Mathilde Panot a fustigé « une démocratie à la sauce Macron », tandis que sur LCI, le député EELV Julien Bayou estime qu’un « un Conseil de défense énergie, c’est le secret. » « Soit ’tout va bien se passer’ alors pas besoin de ces réunions secrètes. Soit les intérêts fondamentaux du pays sont en jeu et alors il faut mieux anticiper et agir dans la transparence », ajoute le secrétaire national des Verts sur Twitter.

Le sénateur Les Républicains Jérôme Bascher abonde : « Emmanuel Macron n’a pas compris que c’est au Parlement que cela doit se passer, il n’y a plus d’état d’urgence, même s’il y a des crises », juge-t-il.

Un temps réservé uniquement aux questions de défense militaire, le cadre du Conseil de défense a été élargi en décembre 2009 par décret. Depuis cette date, l’ordre du jour peut porter sur des problématiques de sécurité intérieure, économiques ou énergétiques comme ce sera le cas ce vendredi. Ce format peut également être convoqué lors de crises majeures, ce qui a été fait tout au long de l’épidémie de coronavirus.

Sur franceinfo ce mardi matin, le porte-parole du gouvernement Olivier Véran a justifié le choix d’un Conseil de défense par le contexte autour de l’approvisionnement en électricité. « On ne peut pas parler de gaz et de crise énergétique sans parler de la Russie et de la guerre en Ukraine, ce qui veut dire qu’il y a des sujets de l’ordre de la sécurité nationale et à haute valeur stratégique », a-t-il plaidé. « Ne voyez pas ça comme un comme une enceinte secrète, c’est vraiment un travail collégial, collectif », a-t-il cependant ajouté.

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