Trop consanguin, le pigeon rose est menacé d'extinction

Mauritian Wildlife Foundation

Malgré de grands efforts de conservation, le pigeon rose pourrait s'éteindre à l'état sauvage. Endémique de l'île Maurice, il présente un génome appauvri, largement marqué par la consanguinité. Pour le sauver, une équipe de chercheurs veut tenter un "sauvetage génétique". Une méthode qui suscite de l'espoir pour la conservation des espèces menacées d'extinction.

Il a failli disparaître 40 ans plus tôt : en 1981, le recensement du pigeon rose (Nesoenas mayeri) à l'île Maurice, dont il est endémique, s'établissait au triste chiffre de 12 individus. La disparition des forêts humides d'altitude qu'il affectionne particulièrement, mais aussi l'introduction de prédateurs sur l'île, a conduit l'espèce au bord de l'extinction. Afin d'endiguer les pertes, une partie des pigeons restants ont été capturés dans le cadre d'un programme de conservation sur l'île Maurice, lancé par le sanctuaire de la faune endémique Gerald Durrell fondé en 1984.

Mais malgré les efforts pour augmenter la démographie du pigeon rose ces dernières décennies, les chercheurs ont constaté qu'une autre menace plane sur lui : son génome très appauvri porte les signes d'une consanguinité répétée, conséquence du peu d'individus qui ont subsisté des années sur l'île. L'étude, parue le 13 mai 2022 dans la revue , est une collaboration de l'université d'East Anglia et de l'Earlham Institute (Norwich, Angleterre), du Durrell Institute of Conservation and Ecology de l'université du Kent (Angleterre) avec la Mauritian Widlife Foundation, organisme de protection de la faune et de la flore de l'île Maurice.

Une espèce dépendante des programmes de conservation

Après son fort déclin au début des années 1980, le pigeon rose est resté très dépendant des programmes de conservation et de réintroduction à son égard. En outre, la disparition de son habitat le prive de ses sources naturelles de nourriture, qui se composent de fruits, de bourgeons ou de fleurs. Ils sont donc de plus en plus attachés la nourriture mise à leur disposition par les agents chargés de leur conservation. Ces efforts ont ramené la population à 300 individus en 2013, et à plus de 400 individus de nos jours, ce qui a permis de retirer le pigeon rose à deux reprises de la liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), qui recense les espèces menacées d'extinction à l'état sauva[...]

Lire la suite sur sciencesetavenir.fr

A lire aussi

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles