Conséquence du Covid-19, le prolongement des années d'études

Avec les projets avortés à cause de la crise du Covid-19 les réinscriptions en fac augmentent, au risque de ne faire que repousser le problème de l'accès au marché de l'emploi à l'année prochaine. | Andrea Piacquadio via Pexels

De plus en plus d'étudiant·es surdiplômé·es choisissent de rester sur les bancs de l'université. En cause, un marché de l'emploi mis à mal par la crise sanitaire et, surtout, l'angoisse de se jeter à l'eau.

À 26 ans, malgré un CV débordant, Nathan n'en a pas fini avec les études. Bac S, prépa B/L (lettres et sciences sociales), école de commerce, Erasmus en Allemagne: il semble avoir coché toutes les cases de l'étudiant modèle. En réalité, son parcours sans faute ne le fait pas rêver. «C'est une illusion de se construire un chemin tout tracé», assume-t-il. Il n'a pourtant pas toujours raisonné ainsi. «C'est vrai qu'à 18 ou 20 ans, on n'a pas l'esprit suffisamment mûr pour décider en toute indépendance.»

Entre l'amour des lettres et la sécurité qu'offre une école de commerce, Nathan suit à cette époque ce qui lui semble être la voie de la raison, soit la deuxième option. Après avoir tantôt vendu des matelas et joué le commercial dans une entreprise de dépistage de produits stupéfiants au cours de différents stages, retour à la case départ. «J'ai tout arrêté pour reprendre mes études à la Sorbonne.» Adieu les calculettes et le profit, bonjour les belles-lettres et les cours en amphi.

À LIRE AUSSI Vu des États-Unis, l'enseignement supérieur français est un champ de bataille

Un emploi, oui mais après le corona

Comme Nathan, les étudiant·es de plus de 25 ans se multiplient. Alors qu'on en comptait plus de 230.000 en 2008, elles et ils sont près de 260.000 en 2018 d'après les chiffres du ministère de l'Enseignement supérieur. Cette tendance s'explique en premier lieu par un marché de l'emploi plus saturé qu'auparavant malgré l'accumulation des diplômes. Ce constat est formulé par l'un des spécialistes de l'emploi des jeunes, la plateforme de mise en relation entre professionnel·les et étudiant·es My Job Glasses. Sa cofondatrice, Émilie Korchia, explique que (...) Lire la suite sur Slate.fr