« Connectés » ou le confinement par des nuls

Par Philippe Guedj
·1 min de lecture
Connectés, de Romuald Boulanger
Connectés, de Romuald Boulanger

L'argument marketing était presque parfait : le-premier-film-français-sur-le confinement. C'est bon ça, coco ! De quoi faire chauffer le buzz, rameuter la presse, affoler Twitter ! On va imaginer une intrigue de thriller qui se passe en pleine crise Covid, pendant un apéro virtuel, ça parlera à tous les Français en 2020. Et, bim, que je te pulvérise les référencements le jour de la mise en ligne ! Et en plus avec une idée de scénario qui permettra d'économiser un pognon de dingue à la production et passer presque tout le budget dans les cachets des acteurs : l'action de Connectés (c'est le titre du machin) sera uniquement filmée en mode webcam, chaque personnage étant cadré en gros plan face à l'objectif, chez lui quoi. Cent pour cent de plans fixes ! Huit jours de tournage et basta, encore plus rapide que du click and collect ! Et puis, pas besoin de se prendre la tête avec un éclairage digne de ce nom ou de développer un projet de mise en scène vraiment réfléchi autour du concept : c'est de la webcam, coco, ambiance fiction de proximité, donc filmons ça comme n'importe quel programme court au rabais façon Mes chers voisins, Parents mode d'emploi ou Scènes de ménages, les abonnés seront en terrain familier.

Bon, le seul vrai perdant dans l'histoire, c'est l'abonné d'Amazon Prime Video qui découvre où passe le sien, de pognon. Et si, sur le papier, cette interminable blague de 85 minutes avait de quoi créer la surprise, c'eût été sous condition d'une vraie [...] Lire la suite