"Mon conjoint ne travaille plus pour moi": Pannier-Runacher dit être "en règle" pour les régionales

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La ministre de l'Industrie Agnès Pannier-Runacher lors d'un bilan gouvernemental sur la situation sanitaire en France, le 4 février 2021 à Paris - Martin BUREAU © 2019 AFP
La ministre de l'Industrie Agnès Pannier-Runacher lors d'un bilan gouvernemental sur la situation sanitaire en France, le 4 février 2021 à Paris - Martin BUREAU © 2019 AFP

La préfecture a bien validé sa candidature - en position non éligibile - sur la liste de La République en Marche (LaREM) dans le Pas-de-Calais. Pourtant, la candidature d'Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée chargée de l'Industrie, aux élections régionales suscite de nouveau la polémique.

La dernière en date, née en ce début de semaine, concerne le conjoint d'Agnès Pannier-Runacher, l'ancien député Nicolas Bays. Politico indiquait lundi que la ministre avait changé de domiciliation le 9 mai, "à la veille de la date de dépôt des listes LaREM", et s'était installée chez son compagnon, à Lens.

Selon le code électoral, peuvent être candidats aux régionales les citoyens "qui sont domiciliés dans la région ou ceux qui, sans y être domiciliés, y sont inscrits au rôle d'une des contributions directes au 1er janvier de l'année dans laquelle se fait l'élection, ou justifient qu'ils devaient y être inscrits à ce jour".

Ce timing interroge. De même que le rôle qu'occupait Nicolas Bays jusqu'au même jour, puisqu'il était jusque là son chef de cabinet. Devenu aux yeux de la loi le concubin de la ministre, l'intéressé a dû quitter ses fonctions, comme le prévoit la jurisprudence "Fillon". Officiellement, c'est chose faite depuis le 9 mai: l'arrêté qui établit la fin de leur collaboration a été publié ce week-end, avec effet rétroactif.

Cependant, Nicolas Bays n'a officialisé sa démission auprès de ses équipes que le 21 mai. "Pour des raisons personnelles, je suis dans l’obligation de cesser ma collaboration avec Agnès, merci à tous pour votre professionnalisme et votre énergie", a-t-il écrit dans un message consulté par BFMTV. Par ailleurs, des images attestent que le compagnon d'Agnès Pannier-Runacher a continué à suivre ses activités gouvernementales les jours suivants. L'entourage de la ministre se défend assure à BFMTV qu'il s'agissait de bénévolat.

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Son entourage dénonce des "boules puantes"

Qu'importent ces justifications, les proches de Xavier Bertrand, président sortant et candidat à sa réélection, se sont engouffrés dans la brèche, estimant auprès du JDD qu'il ne s'agissait pas d'une affaire de vie privée et que les règles devaient être les mêmes "pour tout le monde".

"Le nécessaire a été fait pour respecter la loi", riposte l'entourage d'Agnès Pannier-Runacher, interrogé par BFMTV. Qui ajoute que la ministre "a fait en sorte que l'évolution de sa situation personnelle soit en conformité avec la loi, à partir du moment où elle et son compagnon ont acquis le statut de concubins".

"J'ai pris moi-même la démarche de contacter le secrétariat général du gouvernement pour avoir une stricte application des règles du jeu", a insisté Agnès Pannier-Runacher sur RTL lundi soir. "Mon conjoint ne travaille plus pour moi.

"Franchement, la ficelle est grosse, c'est de la déstabilisation", s'est indignée . "Pourquoi Xavier Bertrand est-il obsédé par ma vie privée? C'est quoi la prochaine étape? C'est complètement entretenu par ses équipes et lui-même."

Et son entourage d'enfoncer le clou: "Il s'agit de boules puantes envoyées par Xavier Bertrand et son entourage, sur la vie privée de la ministre. Ces méthodes interrogent, venant d'un candidat à la présidentielle (...) Xavier Bertrand s'attaque à une ministre dernière de liste qui veut s'investir dans la région, alors que lui ne songe qu'à la quitter pour devenir Président de la République".

Une première controverse la semaine passée

Cette polémique fait suite à une première controverse datant de la semaine précédente. L'équipe de Xavier Bertrand, déjà, avait fait état de doutes quant à la validité de la candidature d'Agnès Pannier-Runacher.

Christophe Coulon, bras droit du président sortant, avait affirmé que la ministre était inscrite "au moins jusqu'à l'année dernière" sur les listes électorales parisiennes, cette dernière ayant été candidate à la mairie du 16e, s'interrogeant ainsi sur les liens qu'elle pouvait entretenir avec les Hauts-de-France. Et le vice-président de la région de souligner qu'elle était également propriétaire de deux biens à Paris et nulle part ailleurs.

La préfecture du Nord a éteint cette première polémique vendredi, confirmant qu'Agnès Pannier-Runacher avait délivré les pièces nécessaires à la validation de sa candidature.

Article original publié sur BFMTV.com