Congrès PS : la ligne pro-Nupes en tête

Le premier secrétaire du Parti socialiste (PS) Olivier Faure, à l'Assemblée nationale à Paris, le 21 septembre 2022

La ligne pro-Nupes, promue par le patron sortant du PS Olivier Faure, a terminé vendredi en tête du vote des socialistes à l'issue d'une âpre bataille de chiffres, mais son challenger Nicolas Mayer-Rossignol espère encore l'emporter le 19 janvier. Les socialistes devront départager les deux hommes jeudi prochain, cette fois pour désigner formellement le premier secrétaire, avant un congrès fin janvier à Marseille.

Une âpre bataille de chiffres a fait rage toute la journée pour savoir si la ligne politique d'Olivier Faure avait recueilli une majorité de voix sur son texte d'orientation pour lui assurer une majorité dans les instances du parti. Et valider sa stratégie d'alliance avec LFI, EELV et le PCF, conclue en mai pour les législatives.

Selon la commission de récolement des résultats, qui s'est réunie une grande partie de la journée, le texte d'orientation d'Olivier Faure s'est placé en tête avec 49,15% des voix, devant celui du maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol (30,51%). La troisième candidate, la maire de Vaulx-en-Velin Hélène Geoffroy, a obtenu 20,34%.

La commission de récolement a refait les comptes dans chaque fédération et section, chaque camp ayant relevé des irrégularités chez les adversaires.

"Les militants m'ont placé très largement en tête, à près de 50%, et ont fait un choix de clarté", a déclaré M. Faure dans une interview au Parisien, assurant disposer "sur cette base, d'une majorité absolue au conseil national".

Les militants ont "conforté notre volonté de rassemblement de la gauche et des écologistes", a-t-il ajouté.

"Nous avons aujourd'hui, de manière certaine, (...) une majorité nette dans les instances", grâce à l'appui d'au moins 60 premiers secrétaires fédéraux, qui comptent pour un tiers dans la composition du conseil national du parti (sorte de parlement de la formation, ndlr), a renchéri, lors d'un point presse, Pierre Jouvet, porte-parole du PS et proche du premier secrétaire sortant.

Un avis que ne partage pas le maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol: avec ce résultat, la direction sortante "n'est plus en capacité de gouverner le parti".

Nicolas Mayer-Rossignol, le maire de Rouen, à Paris, le 16 décembre 2022
Nicolas Mayer-Rossignol, le maire de Rouen, à Paris, le 16 décembre 2022

"Une page s'est tournée, la ligne pro-Nupes est battue", a aussi estimé Philippe Doucet, un proche d'Hélène Geoffroy qui a fait campagne contre l'alliance avec LFI.

Le porte-parole du gouvernement Olivier Véran a également jugé qu'Olivier Faure devrait "réinterroger l'appartenance du PS à la Nupes".

"Espoir permis"

Lors du vote dans la section Paris-centre jeudi soir, les avis étaient partagés.

Plusieurs adhérents ont assuré à l'AFP vouloir rester dans l'alliance. "Il faut défendre l'accord avec la gauche", a ainsi affirmé Anne, 67 ans, encartée depuis 2002.

Mais Pierre Schapira, ancien eurodéputé socialiste de 78 ans, est, lui, venu, "sans enthousiasme", choisir "une motion assez critique" vis-à-vis de la stratégie d'Olivier Faure.

Surfant sur une "voie centrale" pendant la campagne, Nicolas Mayer-Rossignol soutient qu'il ne veut pas quitter la Nupes, mais qu'elle n'est qu'un "accord électoral passé perdant", qu'il faut revoir.

Il répète à l'envi que "l'espoir est permis" pour l'emporter jeudi prochain, et que sa ligne est "la seule garante de l'unité", face à "un risque de scission" du parti si Olivier Faure gagne.

L'élu normand compte sur les voix des électeurs d'Hélène Geoffroy qui a appelé vendredi soir sur twitter à voter pour le maire de Rouen "qui saura rassembler le parti socialiste, le remettre au travail, le doter d’un corpus idéologique renouvelé et faire vivre à nouveau la démocratie interne".

Mais dans le camp du premier secrétaire sortant, on estime qu'une victoire de M. Mayer-Rossignol ne passe que par un report massif des voix d'Hélène Geoffroy. "Or, dans une élection, 1 + 1, ça ne fait jamais 2", rappelle un député.

"Lorsqu’on fait alliance sans partager une orientation, en général, le fossé n’est pas loin", souligne de son côté Olivier Faure dans le Parisien.

Et Pierre Jouvet estime que si Nicolas Mayer-Rossignol est élu premier secrétaire, "il n'aura pas de majorité au conseil national et au bureau national", appelant les adhérents à "la cohérence".

Les deux hommes repartent déjà en campagne. Nicolas Mayer-Rossignol a réclamé un nouveau débat télévisé avant jeudi.

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