Congrès du RN : la "présidence temporaire" du parti au cœur des discussions

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Les militants du Rassemblement national ont entamé, samedi, à Perpignan, leur 17e congrès, une semaine après l'échec cuisant du parti aux élections régionales. La création d'une "présidence temporaire" du parti pendant la campagne présidentielle aiguise déjà les rivalités au sein du mouvement.

Lutter contre l'abstention, remobiliser ses électeurs sans toutefois remettre en cause sa stratégie de "normalisation" : ce sont les sujets au menu des discussions du 17e congrès du Rassemblement national (RN), qui s'est ouvert samedi 3 juillet, à Perpignan.

Les militants doivent également voter un changement des statuts qui permettra une présidence temporaire du parti pendant 12 mois en cas de campagne présidentielle. Dans ce cas, le président du RN sera remplacé par le vice-président et, s'il y en a plusieurs, par le "premier d'entre eux". La désignation de ce dernier pourrait aiguiser les rivalités entre Jordan Bardella, tête de liste du RN en Île-de-France, et Louis Aliot, le maire de Perpignan.

Cette question de la présidence temporaire du parti est l'un des principaux enjeux de ce congrès, selon Bruno Cautrès, politologue au Cevipof interrogé sur l'antenne de France 24.

Encore sonné par sa défaite aux élections régionales la semaine dernière, le parti d'extrême droite ne devrait cependant pas remettre en cause sa stratégie de "normalisation" avant la présidentielle 2022.

"Je ne crois pas que Marine Le Pen ait des solutions alternatives, son objectif est de crever le plafond de verre et elle ne peut pas si le RN reste sur un message politique extrêmement anxiogène (...). Si elle compte gagner l'élection présidentielle, il va falloir qu'elle attire des électeurs qui ne votent pas habituellement pour le RN", souligne Bruno Cautrès.

Combattre l'abstention

Le maire de Perpignan Louis Aliot, également membre de la direction du parti, a cependant souhaité "s'interroger" sur la "part de responsabilité" de sa formation dans cet échec aux régionales : elle en est sortie bredouille et avec 30 % d'élus régionaux en moins.

Les dirigeants du RN, Marine Le Pen en tête, accusent d'abord l'abstention massive, qui a notamment touché les jeunes et les classes populaires, électeurs du RN. Les moyens de la combattre pourraient faire l'objet de discussions au congrès.

>> À lire : Pourquoi le scrutin des régionales ne dit presque rien sur la présidentielle de 2022

Interrogé vendredi sur ceux qui considèrent que le RN s'est trop "banalisé", Louis Aliot a jugé que c'était "un faux débat". "Quand on était trop radicaux, on nous disait 'vous n'y arriverez jamais' et maintenant que certains nous trouvent pas assez radicaux, on nous dit 'vous n'y arrivez jamais'."

Sur "l'ouverture" à des candidats extérieurs au parti, qui a aussi suscité des critiques, Louis Aliot a affirmé qu'il "préférait l'ouverture à la fermeture". "Si c'est pour que certains se réunissent dans le dernier carré (...) de la droite radicale, c'est leur problème", a-t-il dit, en faisant valoir son élection à Perpignan "en ouvrant les bras à d'autres, sur un projet".

À propos de la candidature potentielle du polémiste Éric Zemmour, il a estimé qu'il avait "son rôle dans le débat à la télévision" mais qu'il y avait "une différence majeure entre le combat intellectuel et le culturel, et le combat politique".

Sur la présidence temporaire du parti pendant la présidentielle, poste qu'il convoite ainsi que le numéro deux du parti, Jordan Bardella, Louis Aliot a assuré qu'il n'y avait "pas de querelle de ligne" ou de "personne".

Avec AFP

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