Congrès du PS: Faure avance un "résultat incontestable", malgré les contestations de son adversaire

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, le 18 janvier 2023 à Nantes. - LOIC VENANCE / AFP
Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, le 18 janvier 2023 à Nantes. - LOIC VENANCE / AFP

Un scrutin interne qui tourne à la cacophonie. Depuis jeudi soir, jour des résultats du second tour du 80e congrès du parti socialistes, les deux candidats en course - Olivier Faure, actuel premier secrétaire et le maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol - estiment, l'un et l'autre, qu'ils ont remporté le vote.

Invité de France Info ce lundi, Olivier Faure se montre ferme. Il juge que "tout cela relève de la mauvaise polémique" et insiste sur "un résultat qui est incontestable".

"Ça ne veut pas dire que tout va bien et qu’il ne faut pas chercher maintenant à avancer et rassembler les socialistes mais il y a une réalité électorale", déclare-t-il.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, le maire de Rouen et le député de Seine-et-Marne s'étaient tous deux déclarés vainqueurs. Chaque camp s'accusait mutuellement d'irrégularités dans les votes et avait annoncé des recours et demandes d'annulations de vote dans des sections.

La vérification des résultats au cœur des débats

Nicolas Mayer-Rossignol demandait notamment la saisie de la commission de récolement "afin de valider ce scrutin". Celle-ci s'est réunie ce week-end. Dimanche, après un nouveau décompte, la direction du PS a confirmé la victoire d'Olivier Faure avec 51,09% des voix.

Puis, son adversaire a, une nouvelle fois... contesté ce résultat. Il demande à reprendre les travaux de la commission, qui "ont été interrompus" et n'ont pas pu se terminer, et accuse son rival d'un "passage en force".

Selon le communiqué du PS de ce dimanche, la commission de récolement des votes, composée des représentants des différents textes d’orientation, et réunie au siège du parti depuis vendredi "a clos ses travaux à 15h45, à la suite du refus de passer au vote des représentants de Nicolas Mayer-Rossignol".

Dans un autre communiqué, les proches de Nicolas Mayer-Rossignol affirment que "la direction sortante de notre parti soutenue par les représentants d’Olivier Faure" a proposé, au bout de 15 heures de réunion, "d’arrêter cette étude systématique et jusqu'au bout des résultats remontés des fédérations et des contestations, en échange d’un marchandage global d’un résultat donnant arbitrairement la majorité à Olivier Faure".

"Vérité parallèle"

Sans surprise, le principal concerné a une autre version. "L’ensemble des procès-verbaux sont à la disposition de la presse. Vous pouvez vous-même regarder et vérifier comment nous avons procédé. Il y a un résultat qui est incontestable", assure-t-il sur France Info ce lundi. Et d'affirmer:"Toutes les fédérations ayant un contentieux ont été vérifiées".

Dans le même temps, Olivier Faure adresse un tacle à Nicolas Mayer-Rossignol et ses partisans, déclarant:

"Je m’étonne de ces accusations qui sont l’installation d’une vérité parallèle et la volonté de discréditer un scrutin qui s’est déroulé dans de bonnes conditions."

L'enjeu de cette élection interne concernait principalement la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes). Olivier Faure défend sa stratégie d'alliance de gauche "sans exclusive", seul moyen selon lui de faire barrage à la droite et à l'extrême droite en 2027. Nicolas Mayer-Rossignol, plus réservé sur cet accord, ne cache pas ses réticences vis-à-vis du parti de Jean-Luc Mélenchon.

Sur France Info, Olivier Faure s'est dit "ni aveugle, ni sourd", concernant la Nupes. "Je sais que c'est une souffrance pour beaucoup d'entre nous", a-t-il avancé, évoquant "ceux qui ont vécu comme une forme d'injustice le fait de ne pas être candidat aux élections législatives".

Article original publié sur BFMTV.com