Congrès LR: pourquoi la hausse des adhérents complique tout pronostic de victoire

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(g-d) Les candidats LR à la présidentielle de 2022 Michel Barnier, Valérie Pécresse, Philippe Juvin, Eric Ciotti et Xavier Bertrand avant un débat télévisé sur la chaîne LCI, le 8 novembre 2021 à Boulogne-Billancourt, près de Paris  - bertrand GUAY © 2019 AFP
(g-d) Les candidats LR à la présidentielle de 2022 Michel Barnier, Valérie Pécresse, Philippe Juvin, Eric Ciotti et Xavier Bertrand avant un débat télévisé sur la chaîne LCI, le 8 novembre 2021 à Boulogne-Billancourt, près de Paris - bertrand GUAY © 2019 AFP

Des adhésions en forte hausse, inéquitablement réparties sur le territoire et qui commencent à donner des sueurs froides aux états-majors des candidats. Voici le tableau sur les bancs de la droite à quelques semaines du congrès LR qui va permettre aux militants de désigner leur futur champion pour la course à l'Élysée.

Alors que les adhésions à LR ont dépassé la barre des 116.000 le week-end dernier et que le parti vise officiellement les 120.000 militants, certains font preuve de beaucoup d'optimisme. "On sera largement au-dessus, je suis convaincu qu'on peut atteindre les 125.000 voire les 130.000", se réjouit Théo Michel, membre du bureau politique des LR auprès de BFMTV.com.

Un objectif atteint ce mercredi: Les Républicains revendiquent désormais 120.000 adhérents, selon une source au sein du parti à BFMTV.

Aller chercher d'anciens sympathisants

Dans le viseur, les anciens militants LR qui pourraient être tentés de reprendre leur carte, et ce, alors que le vivier est très important. Sous Nicolas Sarkozy, le parti a compté jusqu'à 260.000 personnes.

Un tel score, quasi-inespéré, pour la droite après deux défaites consécutives à l'élection présidentielle, ne donne toutefois pas d'indice sur le candidat que pourraient soutenir les militants pour le congrès LR.

"Un nombre d'adhérents resserré donnait une nette prime à Michel Barnier qui n'a jamais quitté le parti, ce qui compte beaucoup auprès des militants attachés à la fidélité. Mais un corps électoral plus large laisse place à l'inconnu. Impossible de faire des pronostics", explique David Bellamy, maître de conférence en histoire contemporaine à l'université d'Amiens et spécialiste de la droite auprès de BFMTV.com.

En se penchant plus précisement sur les adhésions, des lignes de force semblent toutefois se dégager.

Hausse massive en Haute-Savoie, dans l'Aisne et à Paris

C'est en Haute-Savoie, sur les terres de Michel Barnier, que la hausse des adhésions est la plus impressionnante: +264%, en passant de 141 militants à 1.507 au total. "Il faut dire que c'est un département avec très peu de militants donc on ne pouvait faire que mieux. Ça aligne le territoire sur des chiffres plus classiques", estime un bon observateur des fédérations LR.

Plus largement, en Auvergne-Rhône-Alpes, la région dirigée par Laurent Wauquiez, et soutien de l'ex-négociateur en chef du Brexit, la hausse des adhésions est de 64%

Chez Xavier Bertrand, le patron de la Région Hauts-de-France, les compteurs tournent également. Dans son département, l'Aisne, les adhésions sont en hausse de 84%. Dans le Pas-de-Calais, elles sont en augmentation de 68%.

Même son de cloche dans la région-capitale dirigée par Valérie Pécresse. À Paris, la fédération a quasiment doublé le nombre de ses militants, tout comme les autres départements franciliens, qui enregistrent une hausse totale des adhésions de 69,29%. Dans les Hauts-de-Seine, le département dont est issu Philippe Juvin, on enregistre une hausse de 2.385 militants.

La Région-Sud enregistre peu de nouvelles adhésions mais reste puissante

La Provence-Alpes-Côte d'Azur, elle, fait plutôt grise mine en n'enregistrant "seulement" que 30% de hausse. Le département des Alpes-Maritimes, première fédération LR de France dont est issu Éric Ciotti, gagne, elle, 32% d'adhérents de plus.

"Le score en PACA semble assez bas par rapport à la dynamique globale. Mais c'est assez logique. Cette région est celle où nous avons le plus de militants dans tout le pays. On a déjà atteint en quelque sorte notre plafond", juge-t-on au siège du parti.

Le constat doit d'autant plus rester dans les esprits que, malgré les adhésions massives, les grands équilibres ne changent pas. La région Provence-Alpes-Côte d'Azur reste la première en nombre d'adhérents par exemple tandis que l'Auvergne-Rhône-Alpes ne représente, elle, que 10,4% des militants.

Pas de lien direct entre l'origine géographique des adhérents et leur vote

Faut-il voir dans ces chiffres et ces grands équilibres le plébiscite d'un candidat en particulier? Rue de Vaugirard, on appelle à la prudence.

"On peut être francilien, être militant LR et ne pas forcément voter pour Valérie Pécresse", lâche un membre du cabinet de Christian Jacob.

"On voit des candidats dont on connaît l'histoire politique comme Valérie Pécresse, Michel Barnier et Xavier Bertrand, plutôt tous les trois au centre-droit, aller sur des sujets qui ne sont pas dans leur ADN, comme l'immigration. Les militants, les anciens comme les nouveaux, veulent quelqu'un qui peut battre Macron et tenir tête à Zemmour. Ce phénomène rend compliquées toutes les projections de victoire", estime Steward Chau, spécialiste de sociologie politique.

"En Haute-Savoie par exemple, les militants connaissaient le Michel Barnier tendance très pro-européen, on le découvre presque eurosceptique, pour conquérir un électorat LR marqué par les inquiétudes migratoires", continue le sondeur de Viavoice.

D'après le sondage IFOP-Fiducial pour LCI qui a interrogé des sympathisants LR (et non pas seulement des adhérents), 54% d'entre eux estiment que Xavier Bertrand est en capacité de gagner en 2022, loin devant Michel Barnier (26%) et Valérie Pécresse (16%).

Article original publié sur BFMTV.com

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