Congrès LR: pourquoi les barons de la droite gardent leurs distances avec les candidats

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Michel Barnier, Eric Ciotti, Xavier Bertrand et Valérie Pécresse devant le Conseil national des Républicains, le 20 novembre 2021 à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) - JULIEN DE ROSA © 2019 AFP
Michel Barnier, Eric Ciotti, Xavier Bertrand et Valérie Pécresse devant le Conseil national des Républicains, le 20 novembre 2021 à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) - JULIEN DE ROSA © 2019 AFP

De la neutralité dans une compétition politique pour la présidentielle. Alors que la campagne des candidats au congrès de la droite s'accélère, les grands élus se font discrets.

Gérard Larcher, Bruno Retailleau, François Baroin, François-Xavier Bellamy, Rachida Dati... Les barons de la droite se sont tous abstenus de faire campagne pour l'une des figures politiques de leur famille. Lors de la primaire en 2016, tous les poids lourds avaient pourtant pris fait et cause pour l'un des concurrents.

"Un manque de courage"

"C'est la droite des planqués. C’est quand même fou! Le parti joue sa survie (...), on demande aux militants de se prononcer et eux ne disent rien. C'est un manque de courage", s'est énervé Damien Abad, le patron des députés LR à l'Assemblée nationale, proche de Xavier Bertrand, dans les colonnes de Paris Match le week-end dernier.

Pour expliquer ce silence, nombreux sont ceux sur les bancs des LR à évoquer les mauvais souvenirs de cette époque. "Les camps des uns et des autres s'étaient tellement entredéchirés qu'il a été très dur de se rassembler après la victoire de François Fillon. Ils préfèrent tous éviter les balles", estime un poids lourd du Sénat auprès de BFMTV.com.

Chez les juppéistes de l'époque, on soupçonnait le camp Fillon d'avoir relayé la campagne de sites d'extrême droite qui avait surnommé l'ancien Premier ministre "Ali Juppé", le soupçonnant de complaisance avec l'islam radical. Du côté des sarkozystes, la sortie de François Fillon, se demandant si on imaginait Charles de Gaulle "mis en examen", en plein tourment judiciaire de l'ancien président, avait fortement déplu.

Une victoire compliquée à prédire

Autre raison avancée, l'incertitude qui pèse sur le scrutin alors que les adhésions ont dépassé le cap des 120.000 adhérents. "La personne qui sera capable de donner un bon pronostic est très forte. On est dans une campagne avec de nombreuses inconnues. Et puis, tout le monde pensait que le vainqueur en 2016 serait le gagnant en 2017. On sait tous, cette fois-ci qu'il faudra se rassembler après", analyse Théo Michel, secrétaire général des Jeunes Républicains et soutien de Xavier Bertrand.

Certains parlementaires estiment également que le casting ne pousse pas à l'engagement.

"En 2016, on avait deux anciens Premier ministre, un ancien président de la République. On a des candidats de bon niveau pour le congrès mais on est quand même loin d'un casting 5 étoiles", estime un sénateur influent, qui s'est, lui aussi, bien gardé de tout soutien. Avant de lâcher: "Ne rien dire, c'est aussi la meilleure façon de garder toutes ses chances pour un poste influent en cas de victoire".

S'assurer de l'unité de la droite

L'analyse n'est pas partagée parmi les proches de Michel Barnier. "Disons-leur merci", lance même Brigitte Kuster, auprès de BFMTV.com. "Ils rendent service à notre famille politique en évitant des tensions inutiles", juge la députée de Paris, porte-parole de l'ancien négociateur du Brexit.

"Les grandes figures sont garantes de l'unité de la droite. C'est bien logique qu'elles prennent de la hauteur. Je ne doute pas qu'elles prendront position dans l'entre-deux-tours", estime de son côté Vincent Jeanbrun, maire de L'Haÿ-les-Roses et proche de Valérie Pécresse.

Dans le dernier sondage Elabe pour BFMTV et L'Express, Xavier Bertrand fait la course en tête à droite et domine ses rivaux en obtenant 14%, contre 10% pour Valérie Pécresse et Michel Barnier.

Article original publié sur BFMTV.com

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