Congo-B: l’avocat du militant des droits de l’homme Alexandre Dzabana dénonce une «détention arbitraire»

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Le Congo-Brazzaville est dirigé, depuis presque 37 ans, par Denis Sassou-Nguesso qui briguera, demain dimanche 21 mars, un nouveau mandat présidentiel. Il sera face à six autres candidats parmi lesquels deux anciens ministres, Mathias Dzon et Brice Parfait Kolélas. À la veille de cette élection présidentielle, la FIDH et son partenaire congolais, l’OCHD, se disent « vivement » préoccupées par la « détérioration de l’espace démocratique et de l’état des libertés » dans le pays.

Ces derniers mois, selon les deux de défense des droits de l’Homme, l’opposition politique ainsi que les activistes ont régulièrement été la cible d’attaques et d’entraves. Dernier exemple en date, l'arrestation, il y a une semaine, du militant des droits de l’Homme, Alexandre Ibacka Dzabana. Selon le porte-parole du gouvernement, les autorités l’accusent d’avoir tenté de « déstabiliser les institutions pendant le processus électoral en cours », mais son avocat, Maître Ibouga, assure ignorer les motifs de son arrestation et n'a toujours pas eu accès au dossier. Joint par RFI, il dit avoir pu le localiser, mais se voit refuser le droit de le voir, une situation qu'il dénonce.

« Monsieur Alex Dzabana est en détention arbitraire au niveau de la Centrale d’intelligence et de documentation, ex-DGST. J’ai écrit à cette institution pour assister le Dr Dzabana. Au cours de cette enquête préliminaire, à ce jour et malgré les multiples visites que j’ai faites là-bas, l’accès à lui m’est totalement refusé, au prétexte que, ceux qui s’occupent de sa détention n’auraient pas reçu les instructions de la hiérarchie. C’est une violation flagrante des droits de l’homme les plus élémentaires qui est indigne d’un État qui se dit être un État de droit. C’est regrettable pour mon pays, pour la justice de mon pays. Les délais de garde à vue sont largement dépassés, il n’a toujours pas été présenté au juge et dans ces conditions, il doit être libéré ».

À noter que sa famille s’inquiète pour son état de santé. Elle assure qu’il souffre d’hypertension et assure que son arrestation s’est produite sans qu’on lui ait adressé, au préalable, de convocation ni présenté de mandat d’amener.

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