Congé paternité et dépression post-partum : un effet positif sur le père... Mais légèrement négatif sur la mère

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Le congé paternité de deux semaines diminue de 25% le risque de dépression post-partum du père... Mais augmente légèrement celui de la mère, révèle une étude française. Un effet qui pourrait s'expliquer par une durée trop courte, laquelle a été allongée à 28 jours depuis ce travail mené sur la cohorte ELFE.

Deux semaines de congé paternité diminuent sensiblement le risque de dépression post-natale du père... Mais augmentent légèrement celui de dépression post-partum chez la mère, concluent des travaux français publiés dans la revue The Lancet. Une corrélation bien plus complexe qu’il n’y paraît, tant les facteurs de risque de la dépression post-partum sont multiples, du statut socio-économique à la charge quotidienne au sein du foyer.

La dépression post-partum peut concerner le père comme la mère

Le sujet de la santé des pères en période de gestation ou après la naissance reste encore assez mal connue et fait l’objet de peu d’études", pointe auprès de Sciences et Avenir l’épidémiologiste Maria Melchior, directrice de recherche à l’Inserm, qui a dirigé ces travaux. Les pères peuvent en effet, tout comme les mères, faire une dépression post-partum - que l'on qualifie alors plutôt de "post-natale". Elle surviendrait chez 10% des pères, d’après un article de 2015, contre 10 à 20% des mères, précise l’Assurance Maladie. Les symptômes sont les mêmes chez l’un et l’autre, et similaires à une dépression en dehors de toute naissance : perte d’intérêt pour les activités plaisir, tristesse, perte de sommeil et d’appétit, isolement, etc. En effet dans l’étude, “deux mois après la naissance, 5% des pères et 15% des mères présentaient des symptômes correspondant à une dépression post-partum", bien qu’il n’y ait pas eu de diagnostic officiel, précise Maria Melchior.

Puisque le congé de paternité donne aux pères l'occasion de soutenir leur partenaire dans le ménage et les soins aux enfants, ainsi que d'augmenter les possibilités de moments d'attachement père-enfant, les chercheurs s‘attendraient à ce qu’il constitue plutôt un facteur de protection contre l'apparition de la dépression post-partum chez les mères comme les pères. Mais, à leur surprise, ce n’est pas tout à fait ce qu’ils constatent chez les près de 11.000 pères et 13.000 mères de la cohorte française ELFE.

COHORTE EL[...]

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