Congé de deuil après la mort d'un enfant : "On n'arrête jamais de le pleurer", témoignent des parents

Elise Lambert

"Ça me met hors de moi quand j'entends dire que notre deuil coûte de l'argent à l'entreprise", s'indigne Séverine. L'allongement du congé de deuil parental – de 5 à 12 jours – a fait l'objet de débats houleux, après qu'une proposition de loi centriste a été rejetée par les députés LREM et le gouvernement. Au point qu'ils ont fini par rétropédaler. "Je ne sais pas s'ils se rendent compte de la violence de leurs propos. On est en train de nous dire 'ce que vous ressentez, on s'en fout'", déplore cette infirmière de 44 ans originaire de Loire-Atlantique.

Son fils Elouan est mort au printemps 2018 à l'âge de 11 ans. Les médecins lui avaient diagnostiqué un lymphome qui n'a jamais cessé de progresser pendant deux ans. Séverine se souvient dans le moindre détail de cette nuit du 5 mai. Elouan était essoufflé, en sueur, il grimaçait. Elle s'est installée dans son lit, elle l'a pris dans ses bras et lui a fait "ses papouilles", des caresses sur les jambes qu'il aimait tant. "Je lui ai dit que tout allait bien se passer, qu'il pouvait partir tranquillement."

Et puis à 7h30, "il a ouvert les yeux d'un coup en prenant une grande inspiration. Ses yeux se sont fermés. Il a repris une grande inspiration, et c'était terminé." Il a ensuite fallu appeler la mairie, les pompes funèbres, avertir les proches, décider d'un cercueil, d'une messe… "On ne peut pas faire ça en quelques jours et le (...)

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