Confrontation frontalière Inde-Chine: New Delhi prépare des sanctions économiques

La tension est retombée à la frontière sino-indienne de l’Himalaya. Il y a 4 jours a eu lieu l’affrontement le plus meurtrier entre les deux plus grandes armées du monde depuis 1967, dans cette zone frontalière contestée. Vingt soldats indiens sont morts et un nombre indéterminé de Chinois. Les deux pays s’accusent mutuellement d’être responsables de cet accrochage, et New Delhi prépare maintenant une riposte, sous forme de sanctions économiques. Mais sa marge de manoeuvre est limitée.

De notre correspondant à New Delhi,  Sébastien Farcis

La riposte indienne ne peut être militaire : l’armée chinoise est bien supérieure et a construit des installations bien plus efficaces le long de la frontière himalayenne. Elle sera donc économique : New Delhi prévoit ainsi d'annuler un contrat d’installations d’équipements ferroviaires, d’une valeur de 55 millions d’euros, attribué il y a 4 ans à une entreprise chinoise.

L’Inde devrait également exclure les firmes chinoises des contrats de télécommunication. Ce qui voudrait dire, interdire à Huawei de proposer sa technologie 5G à l’Inde. Enfin, l’Inde pourrait cesser tous les vols directs avec la Chine et interdire aux compagnies étrangères qui se rendent en Chine de survoler son territoire. Une sanction déjà imposée l’année dernière au Pakistan, après un attentat d’un groupe d’origine pakistanaise.

Mais le boycott économique total est irréaliste, tant l’Inde dépend des importations chinoises de téléphones et de composants pharmaceutiques. Enfin, New Delhi ne devrait pas non plus changer fondamentalement sa diplomatie envers Pékin ni se rapprocher beaucoup de Taïwan, car l’Inde a besoin du soutien de la la Chine pour espérer obtenir un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU.