Conflit israélo-palestinien : après la fin des combats, l'heure est à la reconstruction

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Le cessez-le-feu entré en vigueur vendredi en Israël et dans la bande de Gaza est, pour l'heure, respecté mais reste fragile. Alors que les armes se taisent, l'aide humanitaire commence à arriver. Joe Biden a, par ailleurs, annoncé vendredi une aide financière "majeure" pour "reconstruire Gaza" et a relancé la solution à deux États, la qualifiant de "seule réponse possible".

La trêve tenait, samedi 22 mai au matin, en Israël et à Gaza après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu aux contours fragiles. L'aide humanitaire d'urgence et les premières discussions diplomatiques s'organisent autour la reconstruction de l'enclave palestinienne ravagée par 11 jours de conflit.

Profitant de l'arrêt des bombardements, les habitants ont pu sortir vendredi se ravitailler et inspecter les dégâts à Gaza, où de nombreuses habitations ont été dévastées et des immeubles entier aplatis par les frappes israéliennes, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Les secouristes recherchent toujours dans les décombres des survivants après avoir retiré vendredi cinq dépouilles ainsi qu'une dizaine de survivants dans des tunnels souterrains bombardés par l'armée israélienne.

L'escalade de violence entre l'armée israélienne et le Hamas est la quatrième depuis 2008. Elle a fait 248 morts palestiniens, dont 66 enfants et des combattants, selon les autorités à Gaza. En Israël, les salves de roquettes tirés de Gaza ont tués 12 personnes y compris un enfant, une adolescente et un soldat, d'après la police.

Juste après l'entrée en vigueur de cette trêve vendredi à 2 h, les deux parties ont été promptes à revendiquer la victoire, assurant, côté israélien comme palestinien, avoir atteint leurs buts de guerre.

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Le chef du bureau politique du Hamas, Ismaïl Haniyeh, a salué une "victoire stratégique" contre Israël et dit avoir, "porté un coup sévère et douloureux qui laissera des marques profondes à l'entité" à son adversaire,

"Nous avons atteint les objectifs, c'est un succès exceptionnel", a de son côté affirmé le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, en commentant l'offensive militaire israélienne contre le territoire palestinien contrôlé par le Hamas depuis 2007 et où vivent quelque deux millions de Palestiniens.

Le spectre d'une reprise des combats

"Plus de 200 terroristes dont 25 gradés" ont été tués pendant l'offensive, a t-il affirmé. Mais le cessez-le-feu, annoncé jeudi soir par les deux parties, n'a fixé aucun terme à l'arrêt des combats et reste à ce titre fragile.

"Nos ennemis n'ont aucun certificat d'immunité", a lancé le ministre israélien de la Défense, Benny Gantz, tandis qu'un porte-parole des fractions armées palestiniennes à Gaza a déclaré en conférence de presse : "Notre message à l'ennemi est clair : si vous revenez, nous reviendrons aussi".

Deux délégations égyptiennes sont arrivées en Israël et dans les territoires palestiniens "pour surveiller" le respect du cessez-le-feu, ont indiqué des médias d'État égyptiens.

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Alors que plusieurs convois d'aide humanitaire d'urgence ont pu entrer dans Gaza vendredi, le ministre égyptien des Affaires étrangères a indiqué avoir reçu un appel de son homologue israélien pour discuter des mesures nécessaires afin de faciliter les opérations de reconstruction de Gaza.

Le sujet de la reconstruction dans l'enclave dirigée par le mouvement islamiste Hamas – considéré comme terroriste par Israël, l'Union Européenne et les États-Unis – est aussi pour Washington un levier diplomatique.

Le président américain, Joe Biden, a affirmé vendredi lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche son intention de mettre en place une aide financière "majeure" avec l'aide de la communauté internationale pour "reconstruire Gaza" mais "sans donner au Hamas l'opportunité de rebâtir son système d'armement".

Joe Biden plaide pour une solution à deux États

Il a aussi relancé la solution à deux États, une Palestine indépendante aux côtés d'Israël, la qualifiant de "seule réponse possible", alors que le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken est attendu au Moyen-Orient "dans les prochains jours".

Les négociations de paix israélo-palestiniennes, suspendues depuis 2014, achoppent sur de nombreux points dont le statut de Jérusalem-Est et la colonisation israélienne des territoires palestiniens.

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Preuve que malgré l'arrêt des hostilités autour de Gaza, la situation reste volatile : de nouveaux affrontements ont éclaté vendredi entre fidèles palestiniens et policiers israéliens sur l'esplanade des Mosquées, à Jérusalem-Est, secteur palestinien occupé par Israël ainsi qu'en Cisjordanie.

Des accrochages similaires il y a environ deux semaines avaient été l'élément déclencheur de la flambée de violences entre l'armée israélienne et le Hamas, la plus meurtrière depuis celle de 2014.

Avec AFP

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