Conflit israélo-palestinien : Gaza évalue les dégâts, l'ONU appelle au respect "complet" de la trêve

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Après onze jours de conflit avec Israël et un cessez-le-feu annoncé jeudi à la faveur d'une médiation de l'Égypte, Gaza tente de renouer avec la normalité, samedi, alors que s'organise l'aide d'urgence. Depuis l'entrée en vigueur de la trêve, les deux camps revendiquent la "victoire". Samedi, le Conseil de sécurité de l'ONU a appelé au respect "complet" de ce cessez-le-feu.

Des commerçants qui font l'inventaire des pertes, des funérailles organisées dans les rues, mais aussi des cafés rouverts et des pêcheurs de retour en mer. Gaza tente de renouer avec la normalité, samedi 22 mai, à l'heure où s'organise l'aide d'urgence et se discute la reconstruction de l'enclave palestinienne, ravagée par 11 jours de conflit avec Israël.

Environ 6 000 habitants de l'enclave ont perdu leur maison dans les bombardements israéliens sur la bande de Gaza et plus d'un millier d'immeubles ont été endommagés, selon le dernier bilan du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA).

Samedi, les autorités locales ont commencé les distributions de tentes, de matelas et d'aides alimentaires aux populations déplacées, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les infrastructures déjà précaires ont aussi été endommagées, notamment les lignes électriques tandis que 800 000 Gazaouis sur les deux millions d'habitants de l'enclave n'avaient "pas d'accès pérenne à l'eau potable", toujours selon l'OCHA.

Alors que les secouristes déblayaient avec prudence les décombres à la recherche d'éventuels corps, des dizaines de milliers de personnes sont sorties pour assister à des funérailles dans les rues, se prendre en photo devant les édifices pulvérisés, mais aussi se rendre dans les cafés de bord de mer, déjà pris d'assaut vendredi soir par les familles.

Des pêcheurs sont eux retournés en mer sans toutefois obtenir le feu vert d'Israël qui impose un blocus terrestre mais aussi maritime sur Gaza depuis près de 15 ans. "Nous partons en mer mais pas très loin. Nous, les pêcheurs, nous avons peur que les 'navy' israéliens nous tirent dessus (...) Mais bon il faut bien manger", a confié à l'AFP Rami Abou Amira, en préparant ses filets sur le petit port de Gaza. "Si tout va bien, le poisson frais sera de retour au souk demain."

>> À voir : conflit israélo-palestinien : après la fin des combats, l'heure est à la reconstruction

Parade de combattants du Hamas

Des dizaines de camions d'aide internationale ont commencé à affluer dès vendredi par les terminaux de Kerem Shalom, à la frontière avec Israël, et ceux de Rafah, à la frontière égyptienne, selon plusieurs agences onusiennes.

Samedi, les autorités locales ont annoncé que les fonctionnaires de Gaza pourraient reprendre leur travail dès dimanche.

En Israël, après deux semaines rythmées par les alertes à la roquette, les rues de Tel-Aviv étaient à nouveau remplies de familles attablées en terrasse et les restrictions de déplacement dans le sud du pays ont été levées.

Les affrontements entre l'armée israélienne et le Hamas, au pouvoir dans l'enclave, ont fait 248 morts palestiniens, dont 66 enfants et des combattants, selon les autorités à Gaza. En Israël, les salves de roquettes tirées de l'enclave ont tué 12 personnes dont un enfant, une adolescente et un soldat, d'après la police.

Depuis l'entrée en vigueur du cessez-le feu vendredi, les deux camps revendiquent la "victoire".

À Gaza, une parade de combattants du Hamas a rassemblé samedi après-midi des centaines de participants, a constaté un photographe de l'AFP. Dans les rues de l'enclave, de larges portraits de combattants sur lesquels on peut lire "Falestine Tantaser" ("la Palestine victorieuse", NDLR) ont fait leur apparition.

"Nous avons atteint les objectifs, c'est un succès exceptionnel", a de son côté affirmé le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

Le Conseil de sécurité appelle au respect "complet" de la trêve

Le cessez-le-feu annoncé jeudi soir, à la faveur d'une médiation de l'Égypte, n'a cependant fixé aucune condition à l'arrêt des combats ni établi de plan pour la reconstruction.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a appelé samedi au respect "complet" de cette trêve, selon des sources diplomatiques. Une délégation égyptienne a été reçue à Ramallah par le président de l'Autorité palestinienne en Cisjordanie occupée, Mahmoud Abbas, afin d'en évoquer le suivi. Une autre est attendue en Israël.

L'Égypte se positionne aussi en médiateur privilégié pour organiser la reconstruction. Son chef de la diplomatie a indiqué avoir reçu un appel de son homologue israélien pour discuter des mesures pour faciliter les opérations.

Le président américain Joe Biden a, quant à lui, déclaré son intention de mettre en place une aide financière "majeure" pour "reconstruire Gaza" mais sans donner au Hamas – considéré comme "terroriste" par les États-Unis – "l'opportunité de rebâtir son système d'armement".

Joe Biden a aussi réitéré le soutien à la solution à deux États, la création d'une Palestine indépendante aux côtés d'Israël, la qualifiant de "seule réponse possible" au conflit. Le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, est attendu au Moyen-Orient "dans les prochains jours".

Avec AFP

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