Conflit israélo-palestinien: la France a déposé une résolution à l'ONU pour un cessez-le-feu, en coordination avec l'Égypte et la Jordanie

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Le président Emmanuel Macron à Paris le 6 mai 2021 - Christophe ARCHAMBAULT © 2019 AFP
Le président Emmanuel Macron à Paris le 6 mai 2021 - Christophe ARCHAMBAULT © 2019 AFP

La France a proposé ce mardi une résolution au Conseil de sécurité de l'ONU, en coordination avec l'Égypte et la Jordanie, qui demande un cessez-le-feu dans le conflit entre Israël et Gaza, prenant le risque de braquer les États-Unis.

Lors d'une rencontre entre les présidents français Emmanuel Macron et égyptien Abdel Fattah Al-Sissi et, par visioconférence, le roi Abdallah II de Jordanie, "les trois pays se sont mis d'accord sur trois éléments simples: les tirs doivent cesser, le moment est venu d'un cessez-le-feu et le Conseil de sécurité de l'ONU doit se saisir du sujet", via une résolution, a indiqué l'Élysée.

Lors d'une réunion à huis clos du Conseil de sécurité, la quatrième en huit jours, la France a parlé de ce projet de résolution, selon des diplomates à New York.

Appel à la "cessation des hostilités" et à un "accès humanitaire"

Mardi soir, plusieurs pays membres du Conseil de sécurité ont indiqué à l'Agence France-Presse (AFP) n'avoir cependant pas encore reçu le texte français, qui serait "court et simple", selon une source diplomatique. Outre un appel à une "cessation des hostilités", il demanderait "d'accorder un accès humanitaire pour les gens qui en ont besoin", a expliqué un autre diplomate sous couvert d'anonymat.

A la question de savoir quand la France pourrait demander un vote au Conseil de sécurité, un diplomate, s'exprimant lui aussi sous couvert d'anonymat, a répondu: "le plus tôt sera le mieux".

La France, qui appelle à un cessez-le-feu rapide depuis plusieurs jours, a indiqué soutenir une médiation menée par l'Égypte. Emmanuel Macron et son homologue égyptien, présent deux jours à Paris pour un sommet sur les économies africaines, se sont entretenus longuement lundi à ce sujet et ont décidé mardi de solliciter l'appui de la Jordanie.

Le président français s'est aussi entretenu avec son homologue tunisien, Kaïs Saied, dont le pays siège actuellement comme membre non permanent au Conseil de sécurité et qui représente à ce titre le monde arabe.

Veto des États-Unis

La proposition de résolution française intervient alors que le Conseil de sécurité de l'ONU est bloqué depuis huit jours par les États-Unis sur l'adoption d'une simple déclaration sur le conflit, selon des sources diplomatiques. Washington en a refusé trois proposées par la Chine, la Tunisie et la Norvège.

Lors d'une réunion à huis clos, "nous avons entendu la proposition faite par notre collègue français au Conseil et, pour la Chine, assurément, nous soutenons tous les efforts facilitant une fin de crise et un retour de la paix au Proche-Orient", a déclaré à quelques journalistes l'ambassadeur chinois à l'ONU, Zhang Jun, président en exercice en mai du Conseil.

L'ambassadeur chinois a précisé que le dernier texte de la déclaration proposée par son pays, la Norvège et la Tunisie, rejeté encore lundi par les Etats-Unis, restait sur la table du Conseil de sécurité.

Outre le soutien explicite de la Chine au projet de résolution de la France, la Russie est encline aussi à adopter le texte, a indiqué à l'AFP l'ambassadeur russe adjoint à l'ONU, Dmitry Polyanskiy.

Ce jeudi, plusieurs ministres des Affaires étrangères de pays membres sont attendus à l'Assemblée générale de l'ONU pour un débat organisé en urgence et en personne sur le conflit israélo-palestinien, auquel doit participer le secrétaire général Antonio Guterres. Parmi les pays annoncés au niveau ministériel figurent l'Égypte, la Turquie, la Jordanie, le Pakistan, la Tunisie ou l'Algérie, qui préside actuellement le Groupe des États arabes à l'ONU.

Article original publié sur BFMTV.com