Conflit israélo-palestinien : la diplomatie s'active pour un cessez-le-feu

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Alors que les combats s'intensifient entre Israël et le Hamas, la diplomatie allemande est entrée en jeu pour demander, comme Joe Biden plus tôt, un cessez-le-feu.

Les tractations diplomatiques s’intensifiaient, jeudi 20 mai en fin de journée, en vue d'un cessez-le-feu entre Israël et le mouvement islamiste Hamas, au pouvoir à Gaza, sur fond d'une recrudescence des combats qui ont déjà fait plus de 240 morts, dont une majorité de Palestiniens.

Signe que ces pourparlers pourraient déboucher sur une solution, du moins à court terme, le cabinet de sécurité israélien, regroupant le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le gotha sécuritaire du pays, doit se réunir dans la soirée, ont indiqué des sources israéliennes à l'AFP.

Après quelques heures de répit dans la bande de Gaza, les frappes se sont intensifiées dans l'après-midi, faisant monter des nuages de fumée et de débris dans le ciel, tandis que des ambulances filaient à travers l'enclave, selon des journalistes de l'AFP.

Cinq personnes ont été tuées jeudi dans la bande de Gaza, portant à 232 le nombre de Palestiniens morts dans cette enclave depuis le début du conflit. Côté israélien, douze personnes ont perdu la vie depuis le 10 mai, les mouvements armés palestiniens de Gaza ayant tiré plus de 4 000 roquettes vers le territoire israélien. En fin d'après-midi, un nouveau barrage de roquettes a visé le sud d'Israël, poussant des habitants à se réfugier dans des abris antibombes.

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La poursuite des tirs israéliens et palestiniens est "inacceptable", a affirmé jeudi devant l'Assemblée générale de l'ONU son secrétaire général Antonio Guterres, estimant que "les affrontements devaient cesser immédiatement".

Après l'appel du président américain Joe Biden pour une "désescalade" immédiate et le refus de Washington de soutenir une résolution de la France à l'ONU, l'Allemagne est entrée en scène jeudi.

Entretien téléphonique entre Merkel et Abbas

Le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas, s'est rendu en Israël, où il a visité jeudi des sites touchés. Il a soutenu que les frappes israéliennes sur Gaza relevaient du "droit à l'autodéfense", tout en appelant à une cessation rapide des hostilités.

De son côté, la chancelière allemande Angela Merkel a plaidé pour un "cessez-le-feu rapide" lors d'un entretien téléphonique avec le président palestinien Mahmoud Abbas. Mais l'Autorité palestinienne qu'il dirige depuis la Cisjordanie a peu d'influence dans la bande de Gaza, microterritoire palestinien de deux millions d'habitants sous blocus israélien et sous contrôle des islamistes du Hamas depuis 2007.

Mais comme Israël, les États-Unis et l'Union européenne considèrent le Hamas comme une organisation terroriste, ils doivent emprunter d'autres canaux pour discuter d'une possible trêve.

D'où le rôle aussi de l'Égypte, voisine de Gaza, et du Qatar, émirat proche de la mouvance des Frères musulmans dans laquelle s'inscrit le Hamas. L'émissaire onusien pour le Proche-Orient, Tor Wennesland, se trouve justement au Qatar, où il s'est entretenu jeudi avec le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, ont indiqué des sources diplomatiques à l'AFP.

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"Nous nous attendons à un retour au calme dans les prochaines heures, ou demain (vendredi), mais cela dépend de l'arrêt de l'agression des forces d'occupation à Gaza et à Jérusalem", a affirmé à l'AFP un haut responsable du Hamas.

"Mais il n'y a rien de définitif pour le moment", a ajouté cette source, évoquant "d'intenses" tractations pour mettre fin aux plus importants affrontements entre Israéliens et Palestiniens depuis la dernière guerre à Gaza, en 2014.

Avec AFP